Comment le Front de Gauche assume le cout de son programme, 14 questions à Jacques Généreux, conseiller économique de Jean Luc Mélenchon.

Depuis le début de la campagne électorale, l’ensemble du monde médiatique semble être préoccupé par une seule question, celle du chiffrage des programmes des candidats. Il faut en finir avec
cette logique purement comptable ! Au Front de Gauche, nous réaffirmons notre volonté de placer l’Humain d’abord.

Bien évidemment notre programme politique ne rentre pas dans les cadres de la pensée dominante. Aussi depuis plusieurs semaines, la droite et la plupart des médias affirment que le programme du
Front de Gauche est un « programme couteux », « un projet dépensier », « un projet qui promet la faillite ». Mais pourquoi ne pose-t-on jamais la question du coût de la politique de Nicolas
Sarkozy ? Quel est le coût le coût pour la société de la destruction des services publics organisée par la RGPP ? Quel est le coût des millions d’emplois supprimés faute de plan efficace pour
sortir de la crise ? Quel est le coût des avantages fiscaux accordés aux ultra-riches ? Quel est le coût supporté par des millions de Français qui voient chaque jour leurs dépenses de santé ou de
logement augmenter ? Et nous pourrions malheureusement continuer cette liste…

Oui, la politique de Nicolas Sarkozy a couté beaucoup plus à notre pays que les dépenses que le Front de Gauche entend faire pour assurer à chacun et chacune une vie digne.

A tous ceux qui veulent quand même des chiffres
Bien évidemment, des moyens financiers seront nécessaires pour mettre en place la politique de rupture aujourd’hui indispensable. Le Front de Gauche sait comment mettre en place une autre
répartition des richesses et financer les mesures de son programme. Il est ainsi possible de récupérer entre 140 et 150 milliards d’euros :

nouvel impôt sur le revenu avec 14 tranches progressives jusqu’au revenu maximum taxé à 100 %
= 20 milliards supplémentaires

renforcement de l’ISF et des droits de successions pour faire payer les milliardaires aujourd’hui largement exonérés sur leurs biens professionnels
= 10 milliards supplémentaires

suppression d’autres niches fiscales et sociales inutiles. 85 % des réductions d’impôts profitent aux 10 % les plus riches. Et il y a 30 milliards annuels d’exonérations de
cotisations sociales sans aucune utilité démontrée pour l’emploi. Les entreprises du CAC 40 sont taxées à 8 %, les PME à 33 %.
= entre 10 et 20 milliards supplémentaires

taxation des revenus du capital comme ceux du travail. Les revenus du capital profitent de l’essentiel des 115 milliards de niches fiscales : ils sont taxés en moyenne à 18 %
contre 42 % pour les revenus du travail.
= 50 milliards supplémentaires

taxation des revenus financiers des entreprises, qui n’ont pas d’utilité productive (en leur appliquant l’équivalent d’une cotisation patronale de sécu). Les entreprises
dégagent 240 milliards annuels de revenus financiers. Le CAC 40 a accumulé 170 milliards de trésorerie fin 2010, qui servent à spéculer plutôt qu’à produire.
= 20 milliards supplémentaires

éradication de la fraude fiscale. Les revenus des expatriés à l’étranger seront taxés : ils paieront la différence entre ce qu’ils paient à l’étranger et ce qu’ils auraient
payés en France. Les USA le font déjà, c’est une arme imparable contre l’évasion fiscale.
= 30 milliards supplémentaires.

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