La communication municipale commencerait-elle à entrevoir les risques de sa « ferreroisation »un peu trop voyante ?
Pour la première fois, depuis les épisodes successifs du Kindarena, du Gyro, du repas solidaire de fin d’année, du colis de Noel des anciens… et du dernier opus en date mettant en scène un bonbon rafraîchissant dont on retiendra surtout qu’il est sensé lutter contre la mauvaise haleine des Rouennais, le Maire de Rouen a jugé bon de répondre aujourd’hui aux interrogations en essayant de déminer le terrain par un communiqué de presse :
La mairie a autorisé le tournage du film sur l’espace public ainsi que dans l’hôtel de ville. Cependant à aucun moment la mairie n’a donné son accord à ce que des personnels municipaux participent à la vidéo.
L’agent de surveillance de la voie publique qui apparaît dans le film est un figurant habillé d’un costume de location. Sollicité en ce sens, un agent municipal a souhaité à titre personnel accepter une figuration dans la vidéo, sans autorisation préalable de sa hiérarchie.
Après avoir d’abord nié en Conseil Municipal la mise à disposition de l’intérieur des bâtiments municipaux en ne mettant soit disant « que la voirie à disposition », le Maire de Rouen ne pouvait que constater que ceux-ci (salle des cotonniers, salle des mariages à l’Hôtel de Ville) avaient bel et bien servi de lieu de tournage. Difficile donc de nier l’évidence, sauf à croire que Valérie Fourneyron, beaucoup moins Maire de Rouen ces temps-ci que candidate virtuelle au Secrétariat aux Sports, ne découvre l’autorisation faîte en son nom et ne cherche à la couvrir.
Si nous ne pouvons que prendre acte d’une non autorisation faite aux personnels municipaux de participer au tournage, sur leur temps de travail (ce que ne précise pas le communiqué, car rien ne les en empêcherait de le faire sur leur temps de loisir), nous resterons toutefois dubitatif sur la possibilité de trouver « en location » des costumes de la police municipale pour des « figurants » ayant participés au tournage.
Reste le cas de l’agent qui serait passé outre à ces consignes : s’il n’est effectivement pas opportun de mélanger les genres, celui-ci aura pêché par imprudence. Mais pour autant peut-on le blamer quand depuis plusieurs mois, le Maire s’appuie sur le même sponsor pour financer la vie municipale, quand à grand cris d’orfraie elle dénonce « le bradage du service public aux puissances de l’argent » au niveau national ?
photo extraite du blog du Major.