Le site d’Areva Wind au Havre tel qu’il est pensé actuellement. « Mais rien n’est encore figé », argumente le directeur du projet.
“Le Havre” – Que sera le site consacré à l’éolien en mer d’Areva au Havre ? Philippe Kavafyan, le directeur France d’Areva Wind, l’activité « éolien » d’Areva, répond à toutes nos questions.
Ce site industriel se composera de deux usines : l’une consacrée à l’assemblage des nacelles des éoliennes (situées en haut du mât, elles abritent les composants nécessaires au fonctionnement de la turbine). « Tous les composants et éléments de fabrication provenant à 80% de fournisseurs, nous les choisissons français, et surtout de proximité. Pour l’essentiel, ils sont normands, picards et bretons. Nous sommes déjà en contact avec une centaine d’entreprises », insiste Philippe Kavafyan. L’autre volet industriel du site havrais développera la fabrication des pales. Une fabrication pour laquelle Areva entend défendre un vrai savoir-faire « maison ».
« Et aux côtés de ces deux unités, notre intention est d’investir dans un banc de test qui nous permettra de tester le matériel avant son installation en mer ».
En termes d’emploi, le directeur d’Areva Wind annonce la création de 650 à 700 emplois sur l’unique site havrais. Areva, d’ores et déjà, collabore avec la Région et le Rectorat à l’élaboration de formations sur les métiers dont elle a besoin pour faciliter le recrutement. « Le bassin d’emploi havrais est propice à des reconversions. Et la volonté de la Région à dynamiser l’éolien offshore est importante. Ce sont des éléments décisifs dans notre choix d’implantation au Havre », argumente encore le directeur France.
Développer la compétitivité
Les usines havraises doivent normalement être construites fin 2015, afin de lancer début 2016 la production des éléments nécessaires à la constitution du parc éolien de Saint-Brieuc qui comptabilisera 100 éoliennes.
Areva entend aussi se défendre sur le marché de l’éolien anglais où le potentiel de développement semble très important. « Nous nous devons d’avoir une efficacité industrielle et logistique dès l’ouverture du site havrais, ceci afin de doubler rapidement notre production ». Areva Wind se prépare à une nouvelle visite havraise pour identifier avec le GPMH et les élus locaux, les prochaines étapes d’élaboration du projet.
Karine Lebrun
Économie contre patrimoine
Si le projet peut séduire en termes d’emplois, 650 à 700 créations au Havre, la question du patrimoine et de sa possible disparition, devrait susciter de l’émotion.
La projection de l’implantation du site Areva Wind au Havre soulève déjà nombre d’interrogations. Telle qu’elle est présentée aujourd’hui, c’est tout un pan de la ville qui se trouve bouleversé. Les silos, le hangar des Chais de la Transat et de la French Lines, ceux de la CMA-CGM, même l’avenue Lucien-Corbeaux, et évidemment la gare maritime (qui semblerait être classée) disparaissent. Les Havrais, attachés à leur ville, ne seront pas insensibles à ces transformations. Ce sont des symboles qui tombent.
Œuvre de pédagogie
Philippe Kavafyan le sait pertinemment. « Nous devrons faire œuvre de pédagogie. Nous sommes d’ailleurs déjà sur ce terrain ». Le GPMH, premier partenaire de l’opération rencontre déjà les responsables des lieux qui doivent se préparer à un déménagement. La French Lines et les Chais de la transat ont déjà été contactés ; pas encore les responsables du Volcan qui doivent normalement exploiter la gare maritime jusqu’en 2015. Évidemment, on peut penser que d’ici 2016, le projet peut tomber à l’eau. « Mais nous sommes confiants. L’éolien offshore bénéficie d’un vrai soutien politique, tous bords confondus », argumente le directeur d’Areva Wind France. Sous peu, d’ici un an vraisemblablement, devraient démarrer les études de sols et le terrassement du site réservé, quai Joannès-Couvert.