La GrassMaster mise en place au Grand Stade a déjà fait ses preuves dans les stades de Nantes et Monaco.
Le Havre – 22 secondes par rouleau, c’est le temps exact de pose des fameuses bandes enherbées qui constituent désormais la pelouse du Grand Stade. Pour couvrir la superficie totale de 8 900 m2, il n’aura donc fallu que trois jours, entre les 24 et 26 avril, à l’équipe de Sporting Sol, l’entreprise anglaise dépositaire du brevet de fabrication de cette fameuse Grass Master, pour la disposer dans son entier. Depuis un an, la pelouse poussait tranquillement à l’abri des regards dans la gazonnière d’Express Gazon, dans le Loiret. Elle fut découpée par rouleau de 15m2 et d’une épaisseur de 2 cm, la veille de son acheminement par camion jusqu’au grand Stade. « C’est le premier organisme vivant à prendre place dans le Stade », écrit la Codah dans son dossier de presse.
À bas les vers de terre
Vivante, elle l’est cette GrassMaster qui est avant tout un revêtement naturel enrichi en fibre semi-synthétique. On parle d’un procédé innovant et résistant. « Il permet une plus grande résistance de la pelouse aux assauts du temps ainsi qu’à celui des joueurs sur le terrain », commente Nicolas Bouley, ingénieur travaux sur le chantier du stade. Avantage indéniable : elle empêche la prolifération de vers de terre, « véritable fléau pour le jeu et la maintenance du gazon », développe encore la Codah.
Son entretien, aussi, est facilité. Les fibres synthétiques qui seront plantées à 18 cm de profondeur, dans un délai de trois semaines, une fois l’enracinement de la pelouse avéré, resteront invisibles. « Nous pourrons l’entretenir à l’égal d’une vraie pelouse naturelle ».
Une précision : 20 millions de fibres seront plantées au total, à raison d’une tous les 2 cm2.
Dans une construction à fort impact environnemental, Nicolas Bouley salue le fait que cette pelouse sera arrosée par les eaux de pluies dont la récupération a été totalement intégrée dans le bâti. Il évoque aussi les qualités du drainage et celles futures de l’ensoleillement, « notamment par le passage des UV au travers de la fameuse couverture en téflon, l’ETFE ».
Dans cinq semaines, la pelouse sera fin prête. Et les joueurs du Hac ? Un tel investissement ne pourrait se contenter de matchs de National !
Karine Lebrun