On apprenait récemment qu’un schéma d’orientation pour la mise en valeur des bassins du Havre devrait voir le jour au début de l’année 2013. Un groupe de travail, formé d’élus municipaux du Havre, réfléchit aux actions pour mettre en valeur ces bassins. Des commerçants, des architectes et des associations sont notamment consultés. Des actions à court, moyen ou long terme pourraient être envisagées mais dépendent particulièrement de considérations techniques et financières ( on rajoutera politiques ! ).
Le secteur des bassins est effectivement un lieu essentiel en ce qui concerne Le Havre. Pour la mairie, la réflexion est double dans la mesure où elle intègre ce qui se passe à l’intérieur des bassins mais aussi autour des bassins.
Pour ma part, je pense que certains bassins font partie du patrimoine Havrais ( bassin du Roy et bassin du Commerce.. ) et doivent rester intacts, c’est-à-dire sans aucune réduction de leur superficie. Diminuer un bassin consiste à l’amoindrir de manière inexorable. La tentation est parfois forte de combler ces espaces qui se trouvent au coeur de la ville et ne sont pas occupés. En inventant un néologisme, ils représentent une grande valeur « aquafoncière ». Quel est le plus rentable financièrement ? De l’eau qui dort ou de l’eau remplacée par un immeuble ?
Le bassin a un bel aspect esthétique pour l’amateur des quais mais il demeure pour le terrien un obstacle : il isole. A force de vouloir l’oublier, des projets commerciaux de grande envergure risquent de s’y noyer… Le bassin semblerait davantage un atout sur le plan touristique ou des loisirs que sur le plan de la grande distribution.
En ce qui concerne les abords des bassins, il est évident qu’il faut supprimer le stationnement automobile qui s’y trouve et mettre en place un aménagement agréable pour les piétons. D’abord cela laisse de la place pour marcher mais aussi offre un environnement sonore moins bruyant. De plus, la sécurité autour des quais apparaît un élément indispensable. Il n’est pas admissible, en 2012, qu’on puisse encore se noyer dans un bassin au milieu de la ville. Il ne s’agit pas d’un principe mal venu de précaution mais d’améliorer une situation insatisfaisante. Il n’y a plus aucune bouée autour des bassins, par exemple. Il y a eu une régression dans ce domaine. La mise en place d’une ligne de vie, comme dans les canaux dangeureux du nord de la France, ou l’installation de barrières ou rembardes hautes, comme sur les quais de la Seine à Paris, n’a rien de ridicule. Cela bouscule évidemment des traditions mais celles-ci doivent parfois s’effacer.
A propos des activités qui pourraient être mis en place dans ces bassins, l’imagination devrait y trouver sa place. Hôtel flottant, boîte de nuit flottante ( on a connu!), piscine, Habitations flottantes, jardins flottants, comme nous l’avions suggéré sur COPOH ? Et je propose des bouquinistes ou autres petites boutiques avec des coffres en bois le long des quais ! Il n’y aurait pas de frais d’électricité ou de chauffage. On se doute que le rendement commercial des bassins sera fortement examiné. Comment transformer une surface d’eau de mer en source de revenus directs ou indirects ? L’époque veut qu’un espace public, quel qu’il soit, suscite, des idées de plus en plus poussées de rentabilité, de valorisation financière. Le sujet serait intéressant à traiter. On en reparlera peut-être si certains lecteurs-internautes le demandent.
La question de l’avenir des voies d’accès des véhicules automobiles au Havre demeure essentielle pour savoir ce qui sera fait des bassins. Les entourer d’autoroutes, comme c’est le cas actuellement au bassin du Commerce, apporte des nuisances.
De manière originale, je réfléchissais dernièrement à un « retour symbolique » du quartier Saint-François à la situation d’île, entourée de bassins. C’est l’exemple du Mont-Saint-Michel qui va retrouver son caractère insulaire qui a inspiré cette idée ! Au fur et à mesure des décennies, Saint-François a été relié au reste de la ville. Par exemple, récemment le pont de Lamblardie a été remplacé et ne se lève plus. La transformation de Saint-François en un quartier-île qui retrouverait ses habitations traditionnelles à colombages d’avant-guerre et serait interdit le soir à la circulation automobile, sauf à ses habitants, ne manquerait pas d’intérêt. Les espaces insulaires font rêver. Si Le Havre possède un fort particularisme, Saint-François détient un caractère singulier qui ne demande qu’à être mis en valeur. Faire du quartier Saint-François l’équivalent de la vieille ville de Saint-Malo ou du Mont-Saint-Michel…