Au Havre, la justice défend la biodiversité

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La réserve naturelle de la Seine reprend ses droits, pour la plus grande satisfaction de l’association havraise, SOS Estuaire, et par extension de l’Association Haute-Normandie Nature Environnement (H2NE) qui déposait en avril 2010 au tribunal administratif de Rouen, un recours contre le second plan de gestion de la réserve déposé par le préfet de Seine-Maritime de l’époque.

Souffle désormais le vent de la victoire puisqu’en appel, le tribunal administratif de Rouen a demandé en date du 22 mai l’annulation pure et simple du plan de gestion et la mise en œuvre d’un nouveau plan au plus tard à partir du 1er décembre 2012.

Mais que reprochaient les associations de défense de l’environnement à cette seconde mouture ? « Alors que toute modification dans le plan de gestion doit être soumise au comité consultatif de la réserve, le préfet avait procédé seul à des changements qui permettaient une approche tout autre de la gestion de la réserve pendant les cinq années de sa durée », détaille Patrick Bonay, président de l’association qui est à l’origine de la création de la réserve, SOS Estuaire.

 

La chasse va être limitée

« Initialement devait absolument être réduite la pression de la chasse sur ce territoire. Actuellement, 203 gabions sont répartis sur 75% de la partie terrestre de la réserve (8700 hectares). L’objectif affiché était de réduire leur présence à 50% du territoire », poursuit le militant associatif. L’Europe, en faveur de cette réduction, fait désormais pression, en capacité de dresser des amendes qui peuvent grimper jusqu’à 100 millions d’euros puisque la réserve est aussi un site Natura 2000, donc aussi sous législation européenne.

Autre modification constatée : la possibilité laissée aux agriculteurs d’avoir la gestion de l’eau sur la réserve. « Nous constatons qu’ils ne sont pas dans le respect de l’environnement en tarissant l’eau en des périodes où elle est nécessaire pour la biodiversité de la réserve », explique Patrick Bonay.

L’annulation du plan de gestion va donc permettre la mise en place de nouvelles pratiques. Reste au gestionnaire de la réserve, la Maison de l’Estuaire, à plancher sur l’écriture d’un nouveau plan dans un délai record.

 

Karine Lebrun

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