Législatives 2012 en Haute-Normandie : Le PS mord sur sa droite et écarte le PCF

(fil-fax 11/06/12)

Les 10 circonscriptions de Seine-Maritime

1ère circonscription

Valérie Fourneyron (PS) en position de force

Valérie Fourneyron aborde le 2ème tour en position de force face au centriste Cyrille Grenot, soutenu par l’UMP. La maire de Rouen et ministre des Sports, obtient seule 41,5% des voix (alors que le total des voix de gauche est supérieur à 55% en incluant les score de l’extrême gauche. Avec 29,16%, M. Grenot obtient un point de plus que Nicolas Sarkozy au 1er tour de la présidentielle. On note la stabilité du vote FN : Guillaume Pennelle a obtenu quasiment le même résultat que Mme Le Pen (10,09 contre 10,86%).

2ème circonscription :

François Guégot (UMP) sous la menace de la Verte Moinet

La députée UMP sortante, François Guégot arrive en tête (36,83%) dans une circonscription agrandie vers l’est du département, depuis le canton de Bois-Guillaume jusqu’à Gournay-en-Bray. Elle est talonnée par la candidate écologiste Véronique Moinet (EELV) soutenue par le PS et atteint 35,77% des voix. Mme Voinet a bénéficié de ses attaches et sa bonne connaissance de la partie brayonne et rurale de la circonscription. Les résultats de deux candidates du second tour s’équilibrent à proximité de l’agglomération de Rouen. L’attitude des électeurs de Mme Lalanne de Haut (FN) sera déterminante.

3ème circonscription :

Luce Pane (PS) sans adversaire

La socialiste Luce Pane succédera à Pierre Bourguignon qui ne s’est pas représenté ayant été battu lors des primaires socialistes par Mme Pane, sa première adjointe à la mairie de Sotteville-les-Rouen. Avec 40,5%, elle devance son principal concurrent à gauche, Hubert Wulfranc, maire communiste de Saint-Etienne du Rouvray qui a obtenu 24,6 %. A leur droite, c’est le vide. Le candidat du Centre pour la France – Modem, Brahim Cherafi obtient avec 3,86% un score supérieur au candidat soutenu par l’UMP, Christoph Chomant de la Gauche Moderne (3,78%). Le FN est nettement la troisième force (17,68%).

4ème circonscription :

Laurent Fabius (PS) réélu

Laurent Fabius a réglé en un seul tour sa propre succession. Comme prévu, l’adjonction du canton de Maromme à sa circonscription n’a fait que renforcer son fief. Comme dans la 3ème circonscription voisine, l’addition des voix de gauche dépasse largement les 60%. Nicolas Bay confirme la deuxième place du FN alors que le candidat du Nouveau centre, Franck Meyer, soutenu par l’UMP, plafonne à 14%. Si M. Fabius est reconduit au poste de ministre des Affaires étrangères, le fauteuil de député sera occupé par son suppléant Guillaume Bachelay.

5ème circonscription :

Christophe Bouillon (PS) à un souffle d’une réélection

Le maire de Canteleu Christophe Bouillon rate de quelques dizaines de voix une élection au premier tour. Il n’a pas été fragilisé par la perte de sa base municipale provoquée par le redécoupage, compensée par l’extension au canton de Lillebonne. A droite, Valérie Karmere-Loisel dépasse tout juste les 20% alors que Moïse Moreira, qui représentait le Nouveau centre n’est crédité que de 2,73% de voix.

6ème circonscription

Le duel attendu entre Sandrine Hurel (PS) et Michel Lejeune (UMP)

La nouvelle 6ème circonscription qui va du littoral (Dieppe – Le Tréport) jusqu’au pays de Bray et la vallée de la Bresle, a la particularité d’opposer deux sortants qui se détachent nettement : Sandrine Hurel (32,47%) devance d’un point et demi Michel Lejeune. Le maire communiste de Dieppe ne parvient pas à se mêler à ce duel, mais ses 16,5% électeurs pèseront au second tour dans le total des voix de gauche. Le premier tour donne un avantage à M. Jumel sur la ville de Dieppe dont il est maire et qui est le théâtre d’une compétition âpre avec le PS. Comme prévu Michel Lejeune obtient ses meilleurs résultats dans le pays de Bray où il est élu local (maire de Forges-les-Eaux) et souffre d’un déficit de notoriété à Dieppe. Celle de Mme Hurel est plus équilibrée sur l’ensemble du territoire.

7ème circonscription

Edouard Philippe (UMP) reste à portée de fusil du PS

Avec 39,1 % des suffrages le nouveau maire UMP du Havre Edouard Philippe préserve toutes ses chances pour le second tour dans la 7ème circonscription de Seine-Maritime sans être totalement rassuré. Le candidat du PS Laurent Logiou reste en embuscade avec 34,3 % des voix en progressant de manière considérable par rapport au score reconstituée du PS en 2007 (21,8 %) dans cette circonscription issue du redécoupage. Il pourra compter sur le report d’une grande partie des voix du Front de gauche (9,2 %) et d’EELV (2,4 %) tandis que celles du FN (11,8%) ne sont pas totalement acquises à Edouard Philippe. En cas de succès, les socialistes déjà victorieux dans la 8ème gagneraient ainsi haut la main le prologue des élections municipales de 2014.

8ème circonscription

Catherine Troallic (PS) prive les communistes seinomarins de représentation à l’Assemblée

La grosse surprise de ce premier tour en Seine-Maritime est venue de la 8ème circonscription où la socialiste Catherine Troallic a devancé le communiste Jean-Paul Lecoq. L’écart est mince – 82 voix – mais il suffit pour priver les communistes du seul siège qu’il pouvait espérer dans ce département. Catherine Troallic se retrouvera seule en lice au second tour, la candidate de l’UMP Agnès Canayer étant éliminée dès le premier tour avec 19,6 % des voix. Et pourtant, avec 30,3 % des suffrages, Jean-Paul Lecoq progresse par rapport au score reconstitué du PCF (26,5 %) en 2007 sur le territoire de cette circonscription redécoupée. Mais nettement moins que le PS qui passe de 17,6 % à 30,5 % et qui s’impose de surcroit sur le territoire de la commune du Havre avec 35,6 % contre 22,0 % au communiste. Avec le retrait du maire de Gonfreville l’Orcher en faveur de Catherine Troallic, les communistes se retrouvent privés de député en Seine-Maritime pour la première fois depuis… 1951. Il les met aussi dans l’embarras à l’approche des municipales : le PCF ne dispose pas de solution de rechange à Jean-Paul Lecoq pressenti pour être leur chef de file en 2014 et surtout perd des arguments pour disputer le leadership au PS.

9ème circonscription

Estelle Grelier (PS) menace Daniel Fidelin (UMP)

Le député sortant Daniel Fidelin (UMP) se retrouve en très grand danger face à Estelle Grelier (PS) dans la 9ème circonscription (Fécamp-Bolbec). Avec seulement 33,5 % des suffrages contre 46,7 % sur le territoire de la circonsciption pour l’UMP en 2007, il est largement distancé par l’élue fécampoise qui recueille 38,1 % des voix. Estelle Grelier peut de surcroit compter sur un bon report des voix du Front de gauche (8,1 %) et des écologistes (2,6 %). Le choix des électeurs du FN (14,6 %) sera là aussi très important.

10ème circonscription

Alfred Trassy-Paillogues (UMP) et Dominique Chauvel (PS) sur la même ligne

Le faible écart qui a séparé M. Hollande de M. Sarkozy au second tour de la présidentielle pourrait être aussi serré pour celui de la législative entre Alfred Trassy-Paillogues et Dominique Chauvel devancée de 86 voix seulement. La candidate socialiste n’a que peu de réserves de voix à gauche et le sortant UMP n’en a aucune ! Autant dire que les électeurs du FN (13,48%) seront les arbitres.

Les 5 circonscriptions de l’Eure

1ère circonscription :

Avance confortable pour Bruno Le Maire (UMP)

L’ancien ministre de l’Agriculture de Nicolas Sarkozy a toutes les chances de retrouver le siège qu’occupait son suppléant Guy Lefrand. Avec 41,35% des voix, il devance de 10 points le maire PRG d’Evreux, Michel Champredon qui avait le soutien du PS et d’EELV. Sa circonscription est celle qui avait accordé le meilleur résultat à M. Sarkozy.

2ème circonscription

Jean Louis Destans (PS) peut gagner son pari

Le président du conseil général, Jean Louis Destans, a réussi la première manche de son pari dans une circonscription difficile pour la gauche. Avec 35,62 %, il devance le sortant UMP, Jean-Pierre Nicolas, même si cette avance est étroite (0,7 point). Il devrait compter au second tour sur les reports des électeurs des candidats Front de gauche et EELV, mais ceux-ci sont peu nombreux. Les choix des électeurs d’Emmanuel Camoin (FN) seront décisifs.

3ème circonscription

Hervé Morin (NC) devra beaucoup convaincre

Le président du Nouveau centre, Hervé Morin (38,40%), devra convaincre autant les électeurs du FN, Nadjiedja Steffan (15,07%) que ceux du divers gauche Francis Courel (11,35%) pour l’emporter dans une circonscription de l’ouest de l’Eure que tout un chacun considère come son fief. Car s’il devance la candidate socialiste Mélanie Mammeri de 13 points, le total des voix de gauche est supérieur à 42%. Et M. Morin ne dispose d’aucune réserve.

4ème circonscription

François Loncle (PS) pour un nouveau mandat

Doyen dans le mandat des parlementaires de l’Eure, François Loncle a facilement repoussé François-Xavier Priollaud qui pensait que l’usure du pouvoir de son adversaire le servirait. M. Loncle a bénéficié de la poussée du PS et des positions municipales fortes de la circonscription (Val-de-Reuil, Louviers, Gaillon…). Avec les 10% de voix du Front de gauche (7,37%) et d’EELV (3,12%), un nouveau mandat se profile pour le sortant socialiste. Le FN réussit un bon score (18,78%).

5ème circonscription

La gauche laisse Franck Gilard (UMP) seul face au FN

L’UMP Franck Gilard est assuré de retrouver son siège. Avec 33%, il sera opposé au second tour au FN Jean-Michel Dubois (20%). Car comme les observateurs le prévoyaient, la gauche a été éliminée en raison de la présence de deux dissidentes socialistes, Anne Mansouret (9,26%), Hélène Ségura (11,80%) qui avaient refusé l’application locale de l’accord national EELV-PS qui désignait l’écologiste Jérôme Bourlet de la Vallée qui a obtenu 12,82%. Le premier secrétaire de la Fédération du PS de l’Eure, Marc-Antoine Jamet a appelé à « battre » le candidat du Front national.

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