Chaque point vert est une alarme (document Codah)
Jeudi 14 juin au soir, une alarme de type catastrophe industrielle se déclenche de façon inhabituelle. Dans les foyers qui l’entendent, c’est la panique. Le Havre Infos se rend à la Police Municipale pour en savoir davantage : les Havrais peuvent être rassurés, il ne s’agit que d’une alerte déclenchée de façon intempestive, une erreur de manipulation humaine. Dès le lendemain, un point presse est organisé par la Codah dans le centre de gestion des risques majeurs pour donner toutes les explications sur cet incident qui a créé une vive émotion.
Que s’est-il réellement passé
Tandis que l’équipe d’astreinte chargée de la maintenance du système d’alerte de la Codah faisait un des 3 contrôles quotidiens, une erreur de manipulation a déclenché de façon inopinée cette alerte à 21 h. Cinq sirènes sur les 22 en place (et bientôt 29) se sont mises en route dans la partie ouest du Havre : 1 à Flaubert, 1 à l’Armée du Salut, 2 sur le port, 1 boulevard Winston Churchill.
Y’a-t-il eu plusieurs sirènes ?
Certaines personnes ont rapporté avoir entendu plusieurs alertes voire même une sirène de fin d’alerte. En réalité, cette alerte a duré 1 minute et 41 secondes. Ce qui peut expliquer que ces personnes aient cru entendre plusieurs alertes vient sans doute du fait de la modulation de la sirène au cours des 1 mn 41 d’émission. « Cette alerte fut la même que celle que nous entendons tous les premiers mercredis du mois », indique la Codah. « À Caucriauville, l’alerte ne s’est pas déclenchée; en cas d’accident, on nous aurait tout simplement oubliés ! » commente en substance Laura sur le Facebook du Havre Infos. En réalité, si Laura n’a pas entendu, c’est tout simplement car la sirène près de chez elle n’a pas sonné. Ce sont 380 km2 de territoire qui sont couverts par les alarmes au Havre et dans l’agglo. En cas de vraie alerte, tout le monde entendrait.
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Quels enseignements tirer de cette fausse alerte ?
• Pour les Havrais
Peut-être une mise à jour de ses connaissances en se posant les bonnes questions :
1 – Comment reconnaître une vraie alerte ?
Une véritable alerte est décomposée comme suit : 3 sirènes consécutives de 1 mn 41 espacées chacune par 5 secondes de silence. La fin d’alerte est signalée par une sirène de 30 secondes. Elle peut survenir 10 minutes, 1 heure, 2 jours et même plus, après la première alerte.
2 – Que dois-je faire en cas d’alerte ?
Emmanuel sur un post Facebook commente : « Je ne connais absolument pas les consignes de sécurité ». Elles sont simples. Il faut rester chez soi et se calfeutrer : fermer les fenêtres, boucher les aérations par tous les moyens. Allumer la radio (France Bleu Haute-Normandie 95.10) et attendre les instructions. « Pas d’info sur France Bleu au moment de cette alerte alors que cela fait partie des consignes de sécurité » s’étonne sur le Facebook du Havre Infos Lætitia. La raison est simple : Il s’agissait d’une fausse alerte, France Bleu n’a donc pas interrompu ses programmes. Ceci est pour l’auditeur un signe positif car en cas de vraie alerte, la station de radio prendrait immédiatement l’antenne. Il ne faut pas aller chercher les enfants à l’école, car les bâtiments publics font l’objet d’une protection accrue : l’enfant sera plus en sécurité s’il reste sur place. Enfin quand vous entendez la sirène de fin d’alerte, il faut à l’inverse, ouvrir les portes et fenêtres pour aérer et sortir du logement.
• Pour la Codah
Patrick Lions, directeur de l’information sur les risques majeurs à la Codah ne le nie pas : « Nous devons nous améliorer sur la communication ». À cet effet, un plan de communication accru sera présenté cette semaine dans le but d’améliorer la connaissance et la formation de la population sur l’attitude à avoir lors de de potentiels accidents. « L’autre enseignement, c’est sur la gestion technique des alarmes. Comment pallier à ce type de déclenchement intempestif, (le premier depuis 2005) ? Les questions seront posées. »
• L’infos en plus
La Codah estime que si le pire scénario catastrophe arrivait au Havre, “seuls” (avec beaucoup de guillemets) 20% du territoire seraient concernés par le danger.
DLM-T
• À voir absolument
Jamie de « C’est pas sorcier » nous dit comment agir en cas d’alerte sur Le Havre et la région.