Au conseil général de la Seine-Maritime, chaque camp prend date

(fil-fax 03/07/12)

La première réunion du conseil général de la Seine-Maritime depuis la fin de la séquence électorale, – présidentielle et législatives -, a permis lundi aux groupes politiques, socialistes, communistes, divers gauche et l’opposition Alternance-76, d’affirmer leurs positions dans le contexte nouveau.

Didier Marie, n’a pas manqué de souligner le succès des socialistes en Seine-Maritime aux élections législatives, après l’élection de François Hollande. Par un discours très politique et sans complaisance pour la droite, le président du conseil général a d’abord souligné que parmi les vainqueurs dans les dix circonscriptions, il n’y a pas moins de quatre conseillers généraux socialistes, « ce qui marque une forte représentativité de ce que nous sommes, élus de proximité », a insisté M. Marie. Peut-être avait-il à l’esprit les débats qui traversent la gauche sur la place que doivent occuper des départements dans une nouvelle réforme des collectivités territoriales. Il a notamment insisté sur leur rôle, « comme garants des solidarités sociales et territoriales ». Pour l’avenir M. Marie n’a guère versé dans l’optimisme : « Cette victoire de la gauche n’appelle ni euphorie, ni triomphalisme. Elle nous oblige », a-t-il prévenu car « la situation est difficile » avec un héritage « particulièrement lourd ».

Mais c’est vers la droite que le propos introductif du président du conseil général a été le plus virulent, mettant en demeure l’opposition départementale et maintenant nationale « de renoncer à tout compromis avec les adversaires de la République ». La charge a été sévère contre une « stratégie que l’on pourrait appeler la tentation du front, ou encore celle du ni-ni ». Le responsable a un nom, Nicolas Sarkozy. A la différence de Jacques Chirac qui avait « imposé un cordon sanitaire au nom d’une certaine idée de la France », lui et « ses conseillers de l’ombre »  ont fait bouger le centre de gravité de la droite : « Les digues ont cédé les unes après les autres, les mots du FN sont arrivés dans la bouche de l’UMP ».

La réplique d’Alternance-76 a été portée par Pascal Martin dénonçant un propos « excessif et outrancier. Nous n’avons pas de leçon à recevoir de vous. Pas de leçon du PS », s’est exclamé le porte-parole de l’opposition en prévoyant qu’il n’y aura « plus de bouc émissaire facile sur qui renvoyer la responsabilité des effets calamiteux d’une politique départementale que nous condamnons depuis des années ». M. Martin s’est dit inquiet pour les « grands projets de développement qui sont remis en cause (…) sacrifiés sur l’autel d’un accord électoral mortifère pour le territoire ». Dans la ligne de mire de la droite : la ministre de l’Aménagement du territoire, l’écologiste Cécile Duflot, qui est une menace pour le contournement Est de Rouen, la Ligne Nouvelle Paris Normandie, l’Axe Seine, l’EPR de Penly. Pascal Martin a fait part d’une aussi grande inquiétude pour « la gouvernance » du Département. Le différend avec l’exécutif socialiste n’est pas nouveau et manifestement l’opposition saisira toutes les opportunités pour « dénoncer tout ce qui apparaîtra comme dérives, abus, manque de transparence ou abandon de projets ».

Pour le groupe communiste, la reprise après la séquence électorale était l’occasion de renouveler l’appel lancé pendant la campagne : « La gauche doit être à la hauteur ». Ce qui signifie, en Seine-Maritime, que la majorité soit offensive pour que le collectif budgétaire qui sera voté par le Parlement permette aux départements de répondre à une demande sociale « qui explose ». Pour celui de la Seine-Maritime, « la dette cumulée de l’Etat atteint des sommets. Et elle ne s’est pas envolée avec l’arrivée d’un gouvernement de gauche », a observé Claude Collin, porte-parole du groupe communiste. Au passage, il a déploré que les mesures du plan de consolidation votées il y a un an se soldent par l’application d’une « double peine » pour les Seinomarins.

Pour le groupe Démocratie et Liberté (Divers gauche), la reprise des travaux du conseil général avait lundi un goût de vacances, Jean-François Mayer dressant la liste de toutes les manifestations et initiatives d’été, sportives ou culturelles, portées par le Département.

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