(fil-fax 03/07/12)
L’Agence Régionale de Santé (ARS) et la Communauté d’agglomération Seine-Eure ont signé vendredi le premier Contrat Local de Santé (CLS) régional mis en place dans le cadre de la loi Hôpital, Patient, Santé, Territoire (HPST). Porté par l’ARS et la politique de la ville de l’Agglomération, le CLS vise l’optimisation des crédits d’Etat en matière de santé publique en fonction des priorités territoriales identifiées par les collectivités signataires. Le CLS réunit idéalement autour d’un “comment faire mieux ensemble“ l’ensemble des acteurs et des institutions pouvant avoir une quelconque influence sur la santé. Ce premier contrat s’applique sur les quatre secteurs de Louviers, Val-de-Reuil, Pont-de-l’Arche et Pîtres-Le-Manoir-sur-Seine.
Avec l’aide du réseau local de promotion de la santé, des priorités ont été dégagées sur le terrain (addictions, santé des jeunes, santé mentale et, offre de soins). Sur les trois années couvertes par le CLS, l’accès aux soins et à la prévention pour les personnes les plus vulnérables sont particulièrement mis en avant. Y compris dans des domaines assez inattendus liés par exemple à l’utilisation des nouvelles technologies (utilisation nocturne d’internet et la question du sommeil, le grignotage devant les écrans et la question du surpoids, l’utilisation excessive des casques audio et la question de l’audition, la cyber-adolescence et la cyber-séduction). Des actions en direction des écoles primaires et des collèges sont sur ce point attendues. La mise en œuvre du contrat s’appuie notamment sur les réseaux associatifs (Adissa, le Groupement départemental d’action de formation et d’ingénierie en santé mentale, l’association nationale de prévention en alcoologie et addictologie, Decad’e, Association Ensemble vers l’insertion, Abri, Association Actions Prévention, etc). La communauté de l’agglomération havraise CODAH et les villes de Saint-Etienne-du-Rouvray et Dieppe devraient signer leur CLS à l’automne.
Seine-Eure : un territoire défavorisé
Le territoire Seine-Eure est marqué par une surmortalité importante et la précarité d’une partie de sa population qui engendrent de fortes inégalités en matière de santé. L’ARS y enregistre une surmortalité de +20% par rapport au reste de la France tous âges confondus (+25% pour les hommes, +15% pour les femmes). L’accès à la prévention et aux soins est en général plus difficile pour les personnes en situation de précarité. Or, observe l’ARS, « le territoire Seine-Eure compte une forte proportion d’ouvriers, mais aussi de jeunes déscolarisés après 16 ans qui, de ce fait, échappent à la médecine scolaire ». Sur ce territoire, 21% des personnes âgées de plus de 15 ans sont ouvriers contre 14% en France.