(fil-fax 05/07/12)
Le coup d’accélérateur donné au processus de fusion des trois communautés du Havre – Pointe de Caux, la CODAH, les comcom de Criquetot-l’Esneval et de Caux Estuaire (Saint-Romain de Colbosc) est maintenant soumis à l’approbation du préfet de Région. Le président de la CODAH et maire du Havre, Edouard Philippe (UMP), a en effet clairement affiché sa détermination à voir avancer ce projet lors de la présentation lundi des travaux du comité de pilotage (COPIL) constitué par les bureaux des trois communautés. Avec ses deux collègues, Didier Sanson, président (DVD) de Caux Estuaire, et Charles Revet, président (UMP) de la Comcom de Criquetot, il souhaite maintenant que les conseils municipaux se déterminent. Ils sont 54 : 17 communes de la CODAH dont Le Havre, 21 de la comcom de Criquetot et 16 de Caux Estuaire. Le préfet peut les saisir en s’appuyant sur le vote de la CDCI (Commission départementale de coopération intercommunale) qui avait accepté en 2011, la réunion des trois communautés malgré de fortes réticences. Les autres propositions de fusion (autour de Dieppe, dans le pays de Bray et au nord de Rouen) avaient été rejetées par la CDCI.
Les « cinq défis » qui justifient la création d’une communauté élargie ne sont pas contestés. Il y a le défi des mutations économiques (industrie, port, enseignement supérieur et recherche), le défi de la vallée de la Seine, le défi de l’environnement, le défi des flux et le défi des ressources financières « dans la perspective d’investissements à la hauteur des exigences d’une métropole maritime internationale ». Ces grands principes sont largement partagés.
En revanche, les grandes lignes de la gouvernance d’une grande communauté, ses compétences, ses finances continuent de faire débat. « Les divergences de point de vue sont bien légitimes, admet Edouard Philippe. D’ailleurs je ne suis favorable à la fusion qu’à condition qu’elle réunisse la majorité ». Le maire du Havre a atteint son but. Mais la méthode est fermement contestée à gauche, notamment par le maire (PCF) de Gonfreville-l’Orcher, Jean-Paul Lecoq, qui ne mâche pas ses mots et ne parle ni plus ni moins que d’une méthode « futée et très vicieuse. Son objectif, c’est de garder le pouvoir ». M. Lecoq accuse sans détour son collègue président de la CODAH d’avoir « acheté » les maires des deux comcom en laissant se constituer une grande communauté « à géométrie variable, selon les territoires ». Au lieu de privilégier l’intégration des compétences, chaque communauté conserverait les siennes. M. Lecoq accuse encore M. Philippe d’avoir accepté une surreprésentation des petites communes – dont les maires seraient classés à droite – qui lui assurerait de conserver la majorité si Le Havre bascule à gauche lors des prochaines élections municipales… Pour le maire du Havre, il s’agit « d’un effort substantiel en faveur d’une meilleure représentation des communes rurales ».
Moins virulent mais tout aussi critique, François Auber, maire (DVG) de Saint-Jouin-Bruneval, conseiller régional, se classe parmi les « réfractaires ». « Personne n’est hostile violemment, mais pourquoi faire les choses si vite », s’interroge M. Auber qui demande que les échéances municipales de 2014 permettent aux électeurs de valider la fusion.
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Le projet de fusion |
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| Nbre de communes | Habitants | Sièges dans la future communauté | |
| CODAH | 17 | 246.084 | 78 |
| Criquetot | 21 | 15.823 | 27 |
| Caux estuaire | 16 | 17.356 | 24 |