(fil-fax 13/07/12)
L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) n’a pas encore tous les éléments de l’enquête diligentée après la série d’incidents survenue dans la centrale de Penly le 5 avril dernier, a indiqué mercredi Simon Huffeteau, chef de la division de Caen de l’ASN, en dressant le bilan annuel. Malgré les trois inspections effectuées, c’est à EDF de communiquer les compléments et ceux-ci se font attendre. « Ça peut être demain, dans une semaine ou dans trois mois nous ne savons pas » a indiqué Simon Huffeteau.
Une attente qui ne signifie pas que les agents de l’ASN sont restés inactifs
« L’accident de Fukushima a pas mal chamboulé nos contrôles », commente Simon Huffeteau. En 2011, l’ASN a passé 600 jours de contrôle sur le terrain dont nombre d’entre eux, sous la pression gouvernementale de l’époque, avaient pour but de prévenir un éventuel incident et de renforcer les installations. Ces évaluations complémentaires de sûreté (ECS) ont été rendues publiques le 3 janvier 2012 et les conclusions pour les centrales nucléaires de Paluel et de Penly en Haute-Normandie ont été jugées « satisfaisantes ».
Cependant comme l’explique Christophe Quintin, délégué territorial de la division de l’ASN pour la Haute et la Basse-Normandie, les études ont permis « de tirer deux conclusions : la première c’est que le risque zéro n’existe pas comme nous l’a montré Fukushima et la seconde c’est qu’aucun établissement en France n’est défaillant. Donc il n’y aura aucune fermeture ». En revanche, il fait une prévision : « Imaginez un monde où les barrières sont plus fortes que les règles de dimensionnement ». C’est l’objectif affiché : anticiper l’improbable en formant un « noyau dur » c’est-à-dire créer un système de protection permettant de faire face à des événements d’une grande ampleur. Un séisme, une explosion et une inondation en même temps par exemple. Ainsi avant 2013 toutes les centrales EDF devront disposer de groupes diesel de secours supplémentaires et avant 2018 elles devront installer des générateurs électriques « bunkerisé » en plus de ceux déjà existants.
Dans un domaine peut-être moins connu du grand public, l’ASN insiste sur les contrôles du nucléaire de proximité. La radiothérapie touche en effet un nombre de plus en plus important de patients (4 750 en Haute-Normandie) et cette technologie destinée à irradier les cellules cancéreuses afin de les détruire doit être maîtrisée. « Il y a une réelle démarche de progrès » insiste l’ASN.
Activité soumise au contrôle de l’ASN, l’utilisation de l’imagerie médicale a progressé de 50% entre 2002 et 2007 et celle-ci nécessite d’être encadrée pour éviter au maximum les effets néfastes de ces rayons (lésions cutanées). « Il est difficile de sensibiliser à la radioprotection certains praticiens non salariés » regrette l’ASN. Enfin, c’est la radiographie industrielle qui inquiète le plus la division de Caen car la gammagraphie, qui permet de radiographier les structures de certains bâtiments, est la plus risquée. « Les professionnels doivent poursuivre leurs efforts de rigueur ». Les inspections seront d’ailleurs renforcées afin de s’assurer du respect des règles de sécurité.