(fil-fax 18/07/12)
Une quinzaine de militants du Collectif 76 des travailleurs sociaux ont mardi midi recouvert d’affiches la vitrine de la permanence du Parti Socialiste rue de la République à Rouen. Aux cris de « Les chèques en rose c’est des chèques en bois », les militants qui occupent depuis le 15 juin à Rouen un ancien foyer de l’Oeuvre Normande des Mères (ONM) entendait dénoncer le manque d’engagements des collectivités et de l’Etat en faveur des personnes sans logement sur l’agglomération rouennaise.
« Nous occupons l’ancien foyer de la Maladrerie avec huit familles pour dénoncer le manque patent de solution d’hébergement. Nous devions être reçu jeudi au Conseil Général mais ce rendez-vous a été annulé sous prétexte que nous avions appelé à un rassemblement pour soutenir la délégation », explique un militant qui tient à garder l’anonymat. Au DAL qui soutient l’occupation de la rue la Maladrerie le ton n’est pas moins amer. « Cette annulation insultante au motif d’un rassemblement devant le conseil général s’apparente ou à une piteuse dérobade sous de grands airs offusqués, ou à l’expression de l’arrogance des politiques qui détiennent désormais tous les leviers du pouvoir », condamne l’association. « Après les refus du préfet et de la Direction Départementale de la Cohésion Sociale (DDCS) ce nouveau refus des autorités sur la tenue d’une table ronde sur l’hébergement est inacceptable », s’agace un autre militant. Alors que chaque soir 50 à 70 personnes dorment dans la rue à Rouen, insiste le Collectif, « les promesses électorales pouvaient laisser penser qu’un dialogue social allait être instauré. Après avoir imputé en permanence la responsabilité de l’inertie en matière d’hébergement au précédent gouvernement de droite et alors que le PS détient tous les leviers du pouvoir nous constatons que ce dernier reste sourd à tous les niveaux institutionnels », a regretté le Collectif.
Le “oui mais“ de la préfecture
Dans une lettre adressée fin juin au Collectif, le préfet de la Seine-Maritime, Pierre de Bousquet, s’est dit prêt à rencontrer les travailleurs sociaux « pour progresser vers une situation plus satisfaisante » sur la situation de l’hébergement d’urgence sur l’agglomération rouennaise. Il ajoutait néanmoins une condition à cette entrevue. Une condition toujours d’actualité à ce jour. « Vous comprendrez que faisant vous-mêmes appel au respect de la loi (où l’État a pour obligation de donner un toit à chacun sans condition ndlr) ce rendez-vous ne pourra avoir lieu que quand vous aurez mis fin à l’occupation illégale que vous avez organisée » dans l’ancien foyer de l’ONM, avait ajusté le préfet.