
Au lendemain de la guerre, près de dix millions d’Européens sont sans logement. Un grand nombre d’habitants trouve alors refuge dans des cités provisoires, logements de fortune tutoyant les villes en ruine. Au Havre, les sinistrés, en attente d’un relogement temporaire, s’entassent dans les immeubles que les bombardements ont épargnés. La cohabitation est difficile comme en attestent les écrits et croquis de Julien Guillemard, illustrateur havrais. L’exposition « Habitat d’urgence » revient sur ces histoires individuelles, présentant des souvenirs personnels et photos de famille.
Une plongée dans l’intime
Des meubles de René Gabriel, également présentés dans l’appartement-témoin, permettent d’appréhender cette époque, de comprendre ce qu’était le mobilier d’urgence : un assemblage de matériaux peu coûteux, une facture simple permettant de produire des meubles en série. L’exposition privilégie le dialogue entre les destins individuels et l’Histoire : « Nous avons conçu cette exposition comme un artefact. La période n’est pas très facile à saisir, surtout pour les jeunes générations ; c’est pourquoi nous avons opté pour une remise en contexte et favorisé la présence de souvenirs, d’objets et maquettes d’époque » précise Élisabeth Chauvin, responsable du service Ville d’art et d’histoire. « Habitat d’urgence » permet de se familiariser avec cette mémoire, de comprendre, à travers les clichés et maquettes exposés, ce qu’ont connu nos aînés, ce qu’a vécu la cité océane. Le passé est bel et bien présent.
Un film de témoignages
Au terme de la visite, la projection de « Nos maisons de cartons », documentaire réalisé par le Havrais Matthieu Simon, donne la parole aux souvenirs : les habitants se livrent et racontent leur quotidien, fait de solidarité et d’entraide. D’émouvants témoignages sur la vie dans les cités provisoires qui redonnent vie à un passé endormi. À voir d’urgence !
S.B.
Infos pratiques : Jusqu’au 23 septembre à la Maison du Patrimoine au Havre. 181 rue de Paris au Havre. Tél. : 02 35 22 31 22. Ouverture en juillet et août : du lundi au samedi de 10h à 19h, le dimanche de 13h30 à 18h. Entrée libre