L'Abbaye de Montivilliers, un trésor gothique au cœur de la ville.
Le jeu des comparaisons ne s’arrête pas là. Comme à Jumièges, l’abbaye fut détruite par les Vikings au IXe siècle. Entièrement détruite. Elle se releva de cette destruction au XIe siècle quand Richard II de Normandie la plaça sous la dépendance de Fécamp. Le monastère fut, cette fois-ci, dirigé par des hommes. En 1035, le duc Robert le Magnifique lui redonne son autonomie : la direction de l’abbaye est de nouveau confiée aux femmes. Comme à Jumièges, la vie monastique cesse en 1792.
L’abbaye devenue prison
Seulement au lieu de servir de carrière, les bâtiments furent utilisés tour à tour comme bureaux, prison, garnison, écuries ou encore magasins. Puis, tout le long du XIXe siècle, l’industrie occupa les lieux (filature de coton, brasserie). En 1975, la ville de Montivilliers engage une réflexion sur l’avenir du site abbatiale. En 1994, la bibliothèque Condorcet est installée dans le Logis des Abbesses.
Style gothique dominant
Une seconde tranche de travaux est réalisée de 1997 à 2000. Elle a permis la restitution des espaces dans leur architecture d’origine. Même s’il subsiste des vestiges architecturaux de style roman, notamment dans le chœur de l’église abbatiale, le style gothique prédomine à Montivilliers. La nef en est un bel exemple. Dans cet ensemble entièrement restauré, en arpentant le cloître, en découvrant la règle de Saint-Benoît dans la salle capitulaire ou l’histoire de l’abbaye dans le dortoir du XIIIe siècle, le visiteur pourra se plonger dans la vie des abbesses rythmée par la prière.
De notre correspondant Yann Dupont