Une vue du-dessus d'un chantier qui avance. À gauche, la scène pédagogique, à droite, un futur patio
Quand le Cabaret Electric clôturait ses portes en juin 2011, des centaines de musiciens perdaient par la même occasion un local pour répéter. Mais tel le phénix et habitué à être malmené, le rocker sait renaître de ses cendres et c’est donc dans l’enceinte du Fort de Tourneville, nouveau pôle dédié aux musiques actuelles – le Tétris s’y monte également – qu’il dépose actuellement sa semence. « Un lieu qui s’est imposé dès les premières visites », commente Jean-Philippe Rousseau, chef de projet au CEM (Centre d’Expressions Musicales) pour le Pôle de répétition du Fort de Tourneville. En effet, murs épais, bâtiment sain, voisinage éloigné, le lieu semble tout étudié pour accueillir des nuées de décibels. « En outre, des exemples de réhabilitation de forts en lieux de répétition ont fait leurs preuves à l’extérieur. À Guyancourt par exemple, où les architectes Yvan Franic et Michel Garcin ont réhabilité un fort qui a la particularité d’être identique à celui de Tourneville en plus petit. »
Ni une, ni deux, le projet de Tourneville sera confié à ces mêmes architectes qui, sous la direction du CEM, auront à cœur de concocter un lieu d’accueil dédié à a répétition mais aussi à la formation.
Une scène pédagogique
« Ce projet, c’est un ensemble composé d’un bâtiment administratif neuf de 400 m2, indique Jean-Philippe Rousseau. Du béton doté d’un habillage en corten (acier auto patiné à corrosion superficielle forcée) et une armature en métal ». Architecture contemporaine donc qui s’associera à merveille avec le bâti existant. « La partie réhabilitation en l’occurrence, poursuit le chef de projet. Soit 200m2 de locaux de répétition scindés en 6 studios qui seront tous équipés en backline, sono, accès internet, afficheur de volume sonore. » Et bien sûr le tout aux normes acoustiques dernier cri (si l’on ose dire !). Le tout avec la lumière du jour, chose non négligeable si l’on considère que jusqu’à maintenant, le rocker avait davantage été relégué à la cave. La grande nouveauté de cet espace, c’est la scène pédagogique. « Espace de 5,50 m x 7 m, dédié à la répétition live mais également à la formation (son, éclairage, enregistrement), il pourra également être le terrain de projets extérieurs : résidence, accueil de clip. » Bref un espace de travail illimité avec une jauge de 150 personnes.
Plus d’infos ? repetition@le-cem.com
La future scène pédagogique
DLM-T
Et côté calendrier ?
« On est bien ! »
« Les travaux ont démarré en juin 2012; on espère une ouverture au 21 juin 2013. Et c’est bien parti pour » commente Jean-Philippe Rousseau. Certes le chantier révèle son lot de mauvaises surprises (une fuite par ci, un linteau mal placé par là) mais également ses bonnes découvertes : « Notamment le bâtiment de la scène pédagogique jusqu’alors enfoui a révélé une architecte magnifique qui a donné lieu notamment à une modification du permis de construire dans un souci de préservation du patrimoine. » Même la Fondation du Patrimoine travaille sur ce dossier. « Le choix de la préservation des lieux est un souci de chaque instant », précise Jean-Philippe Rousseau. Des rockers en un lieu patrimonial préservé, qui l’eut cru ? Kurt Cobain peut peut-être enfin se retourner dans sa tombe pour dormir à jamais sur ses deux oreilles. Ouvertes les oreilles bien sûr pour accueillir la musique qui devrait bientôt à nouveau résonner !
Entre autres belles découvertes, ce superbe bâtiment avec une magnifique corniche (scène pédagogique).
Encore des graffitis, qui témoignent de la vie militaire du Fort.
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« Levons-le malentendu »
Le CEM au Fort de Tourneville en 2013 ? Pas vraiment.
Le CEM au Fort de Tourneville en 2013 sur un totem à l’entrée du Fort (elle aime bien les totems la ville !) voilà qui a le mérite d’être clair Euh pas tant que cela ! « En effet, tient à préciser Sandrine Mandeville, directrice du CEM. Seuls les locaux de répétition gérés par le CEM seront à Tourneville”. L’école reste quant à elle rue Franklin dans le centre-ville pendant quelques années encore. « Le calendrier reste flou sur ce point », s’inquiète la directrice.
Au départ, l’école devait intégrer les réserves du Muséum au Fort de Tourneville pour la saison 2015/2016 puisque lesdites réserves étaient censées déménager dans les locaux de l’école Jean Macé en 2013. 2014 auraient eu lieu les travaux d’aménagement de l’espace CEM au Fort; 2015 son emménagement. « Le souci, indique Sandrine Mandeville, c’est que Jean Macé ne serait pas en état d’accueillir les réserves du Muséum. » Du coup, cette incertitude influe directement sur le sort du CEM. Un CEM qui, avec 800 élèves et 40 salariés, explose littéralement dans ses locaux actuels, devenus complètement inadaptés.
Une prévisualisation en 3D.
