(fil-fax 05/09/12)
La marche vers l’Est de la ville de Val-de-Reuil va s’accélérer d’ici à la fin 2012 et pendant toute l’année 2013 avec une urbanisation des rives de l’Eure qui a été laissées à l’écart depuis la création de la “ville nouvelle“ il y aura 40 ans en 2015. Ce vide illustre à lui seul la jeune histoire d’une ville qui a, déjà, dû bénéficier d’une lourde Opération de renouvellement urbain (ORU) de quelque 95 M€. Il s’agira d’urbaniser plusieurs dizaines d’hectares entre ce qui fut dans les années 70, le germe d’une ville nouvelle que l’on imaginait compter 150.000 habitants au tournant du siècle et les abords de la gare SNCF surdimensionnée et inadaptée, construite sur un site improbable dont la seule justification était de se trouver sur la ligne Paris – Rouen.
La rivière Eure qui était une barrière va maintenant servir d’appui pour étendre la ville jusqu’à la station ferroviaire. Après de longs palabres entre la SNCF, la commune, la Région de Haute-Normandie et l’Etat, elle va enfin bénficier d’une rénovation.
Les travaux vont démarrer en janvier 2013. « Ici nous voulons faire passer Val-de-Reuil de 15.000 à 20.000 habitants », explique le maire (PS), Marc-Antoine Jamet, aux préfets de Région Haute-Normandie, Pierre de Bousquet, et de l’Eure, Dominique Sorain, auprès desquels il a tenu à détailler le projet.
A priori l’option générale n’a rien d’original en mélangeant dans un éco-quartier de l’habitat, de l’activité tertiaire et des services publics. La ZAC Les Noés (zone d’aménagement concertée) a été confié à la société d’HLM de l’Eure, Siloge, le détail du projet se veut novateur. La centaine de logements qui sortiront sur les bords de la rivière devront mêler la performance écologique avec « une nouvelle façon d’habiter et de vivre ensemble », promet son directeur général, Patrick Flossard. Les lieux de vie et de service communautaires seront privilégiés, des maraîchages en plein champ seront mis à disposition des habitants pour un approvisionnement de proximité. Le futur quartier a fait l’objet d’un concours de conception, réalisation et exploitation, remporté par un groupement Madec (architecte), Quille, Dalkia. La chaufferie au bois sera prévue pour une extension à l’ensemble du site. Situé pour près de la moitié en zone humide (1,7 ha sur 4 ha), le quartier sera baigné par un bras de l’Eure qui servira d’exutoire aux eaux pluviales. Il doit sortir de terre à partir de la fin 2012. Dans la foulée, démarrera la construction d’une nouvelle salle de spectacle qui a déjà un nom, L’Arsenal, avec une jauge de 500 places, appelé à remplacer le déjà “vieux“ théâtre des Chalands, conçu avec et dans la ville nouvelle.
Reste pour réussir totalement la marche vers l’Est à concevoir un quartier d’affaires profitant de la gare toute proche. Ici comme dans d’autres villes situées à l’ouest de Paris, on imagine ramener quelques sièges ou services déconcentrés de sociétés à l’étroit dans l’ouest parisien. Il restera au quartier et à la gare à se raccorder directement au centre ville que l’on appelle ici La Dalle, du nom de la voirie piétonne qui surplombe les rues dédiées à l’automobile. Ce coeur de ville où s’achève les principales actions de l’ORU, doit encore achever sa mutation. Au point parfois d’exaspérer ses collègues élus, le maire et vice-président du conseil régional, Marc-Antoine Jamet, n’en finit pas de tirer par la manche tous les partenaires potentiels. Il plaide pour un programme de rénovation urbaine de seconde génération, une sorte de programme ANRU II. A Val-de-Reuil, tous les logements n’ont pas bénéficié des financements de rénovation urbaine et il estime à 13,5 M€ les investissements encore nécessaires pour le logement.