Médicaments génériques : L’Académie nationale de médecine reste prudente

(fil-fax 06/09/12)

Les Caisses Primaires d’Assurance Maladie (CPAM) de Haute-Normandie vont lancer courant septembre et octobre une campagne de communication afin de promouvoir les médicaments génériques et de « redonner confiance » aux assurés en rétablissant « un certain nombre de vérités » autour du médicament générique. Sur fond d‘économies de dépenses de santé, la CPAM entend lutter contre les « idées reçues » sur la prescription, la délivrance et l’usage de ces médicaments « tout aussi efficaces et de qualité identiques » et entre 30% et 40% moins chers que les médicaments de marque. En 2011, les médicaments génériques ont représenté en France moins d’une boîte de médicaments remboursée sur quatre contre une sur deux en Allemagne ou au Royaume-Uni. En 2011, en Haute-Normandie, les dépenses de médicaments ont représenté environ 570M€, soit le tiers des remboursements (hors hospitalisation). Avoir recours aux médicaments génériques a permis d’économiser 30M€ en 2011, affirme la CPAM qui estime par ailleurs que cette économie pourrait être portée à plus de 44M€.

Généralisation du “Tiers Payant contre générique“

Il convient de remarquer alors que la délivrance de médicaments génériques a tendance à ralentir (-2% en un an) que les syndicats de pharmaciens et les Caisses d’Assurance Maladie ont signé un accord qui prévoit la généralisation du “Tiers Payant contre générique“. Désormais, le bénéfice de la dispense d’avance des frais librement consentie par le pharmacien est subordonné à l’acceptation par l’assuré de médicaments génériques. En cas de refus de la part de l’assuré, celui-ci devra faire l’avance des frais.

Des réserves sur l’usage des génériques subsistent

Le médicament générique doit répondre à trois critères. Il doit avoir la même composition qualitative et quantitative en principes actifs que le médicament de référence. Il doit également avoir démontré sa bioéquivalence tout en étant disponible sous une forme pharmaceutique équivalente au médicament de référence. Cependant « le générique n’est pas la copie conforme de la spécialité princeps (originale ndlr) », rappelle l’Académie nationale de médecine dans un rapport sur la place de ces médicaments dans les prescriptions. Plus avant, l’Académie insiste sur le fait que ces médicaments « ne sauraient être prescrits sans tenir compte du patient auquel ils sont destinés et de la maladie à traiter » même si l’objectif de ces réserves n’est pas de freiner le développement des médicaments génériques en France.  Dans les faits, remarque l’Académie, « le changement d’excipient (légal par ailleurs ndlr) peut occasionner des réactions allergiques plus ou moins sévères, notamment avec les formes orales des antibiotiques à usage pédiatrique ». Les malades âgés en traitement chronique peuvent par ailleurs être désorientés par les changements d’aspect et de dosage de leurs médicaments habituels. En pratique clinique, il a été observé pour les antibiotiques, avec certains génériques, une moindre efficacité et un délai d’action plus long. Sans surprise, ces mises en cause sont balayées d’un revers de main par l’association des industriels du médicament générique (GEMME). En dernier ressort, c’est le médecin qui décide si un médicament est ou non substituable par un générique. Le praticien le signale sur l’ordonnance par les lettres “NS“, une indication que le pharmacien est tenu de respecter.

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