(fil-fax 08/09/12)
Associée au Groupe des Ecoles des Mines, l’école d’ingénieurs généralistes ESIGELEC (2.000 étudiants et 400 enseignants) et son institut de recherche IRSEEM ont inauguré jeudi à Saint-Etienne-du-Rouvray le campus CISE (Campus Intégration Systèmes Embarqués). L’équipement de 14 M€ (*) rassemble sur 2.700 m2 quatre laboratoires d’essais et de mesures équipés de matériel de pointe. Autour du vaste thème de l’électronique embarquée, omniprésente dans la vie de tous les jours, les recherches théoriques et appliquées menées au sein du CISE portent sur des champs applicatifs très divers ; systèmes de navigation, véhicules propres et économes, avion électrique du futur, flottes de robots, intelligence ambiante, aide à la personne, fiabilité, électromobilité, systèmes énergétiques… Les étudiants chercheurs comme les entreprises en attente de tests exploratoires de leurs projets ou produits y ont accès.
La première des plateformes qui constituent le campus est dédiée à l’analyse des mouvements. Sur 150 m2 de béton ciré, tout ce qui relève du mouvement y est successivement analysé, enregistré par des caméras infrarouge à 6 mètres de hauteur autour de la pièce, retranscrit en algorithmes, modélisé. « Entre simulation et monde réel », indique Pierre Merriaux ingénieur IRSEEM, « nous pouvons ici multiplier les essais à faible coût à l’aide par exemple de robots sur des systèmes de guidages ». Plus inattendu, « l’on y mesure aussi la réception des sauts des handballeuses » avec en arrière plan « l’aide à l’autonomie des personnes handicapées ou dépendantes ».
Plus avant, une seconde plateforme dédiée à l’aéronautique accueille un banc d’essai stylisé d’inverseurs de poussée de dernière génération. « L’objectif est de valider les modalités de commandes des futurs inverseurs à commandes électriques et non plus hydrauliques déjà en place sur l’A380 », résume Thibaut Delesalle, ingénieur chez Aircelle. Les questions environnementales, la facilité de maintenance et l’éventuel gain de poids de ces nouveaux modèles mobilisent toutes les énergies. Le banc d’essai est adaptable aux différents avionneurs et modèles d’inverseurs.
Du macro au micro, CISE dispose également de deux salles blanches pour travailler sur l’infrastructure des composants électroniques. L’on y mesure d’infimes interférences électromagnétiques à l’aide de sondes optiques en vue d’une meilleure fiabilité des systèmes électroniques présents notamment dans les véhicules terrestres et aéronautiques. La salle B autorise le travail de haute précision sur des tranches de silicium. Sur le plan de la recherche, ce type d’équipement est pratiquement unique en France. Il est courant en revanche chez les fondeurs en Corée du Sud.
Une dernière plateforme de mesures regroupe deux bancs d’essais dédiés à l’efficacité énergétique des véhicules automobiles hybrides et électrifiés. Le banc à rouleaux 4×4 teste notamment les meilleures stratégies de développement des moteurs hybrides en élucidant « l’instant optimal du passage de l’électrique au thermique », explique le responsable du laboratoire Fabrice Duval. Plus loin, une cage de Faraday (3x3x4m) soumet les équipements électroniques embarqués dans les automobiles à un bombardement d’ondes électromagnétiques. « Un peu à l’image de ce qui se passe dans votre cuisine avec votre Cage Réverbérante à Brassage de Modes (CRBM plus simplement dénommé four à micro-ondes ndlr) l’essentiel étant que votre régulateur de vitesse ne déclenche pas de lui-même au moment par exemple où votre voiture passe près d’un émetteur de télévision », illustre l’ingénieur.
(*) Le financement du CIDE, propriété de la Chambre de commerce de Rouen, a été assuré par L’Europe, l’Etat, la Région Haute-Normandie, le conseil général de Seine-Maritime, la CREA, la CCI de Rouen, l’Esigelec et Aircelle.
