(fil-fax 11/09/12)
L’ex-candidat à l’élection présidentielle du Front de Gauche Jean-Luc Mélenchon est venu apporter lundi son soutien aux salariés de la raffinerie Petroplus de Petit-Couronne où il s’était déjà rendu durant la campagne. « C’est un devoir de fraternité et de respect républicain du peuple », a-t-il dit en soulignant que lors de son premier déplacement il avait rencontré ici « des personnes en chair et en os à un moment de grande détresse ». L’ancien sénateur socialiste a rappelé que la France ne comptait plus que neuf raffineries contre 23 au début des années 1980. « Nous allons bientôt être en situation de dépendance absolue pour quelque chose qui est vital, une économie comme la nôtre ne fonctionne pas sans avoir son carburant », a-t-il souligné à la porte de cette raffinerie, devant quelques dizaines de salariés ainsi que des militants et des élus du Front de Gauche.
Compte-tenu du caractère « stratégique » de l’enjeu, le co-président du Parti de Gauche demande au Président de la République François Hollande de prendre en charge « personnellement » ce dossier. Jean-Luc Mélenchon estime que la victoire de la gauche lors des élections du printemps autorise les salariés à « demander une action gouvernementale forte » en leur faveur et l’intervention du Président de la République. L’élu récuse toute idée de complexité en assurant que ce dossier n’était pas « très dur » à régler: « il y a plein d’outils pour ça, il y a la réquisition et puis il y a surtout le fait d’arrêter de mettre des bâtons dans les roues, chaque fois qu’il y a des repreneurs un tant soit peu sérieux qui se présentent », affirme-t-il.
De son côté, le porte parole de l’intersyndicale CGT-CFDT-CFE/CGC Yvon Scornet a haussé le ton à trois semaines de la décision du tribunal de commerce de Rouen. « On va pouvoir compter nos vrais amis, nos faux amis et nos vrais ennemis », résume-t-il. Dans la catégorie des « faux amis », il range, sans citer son nom, Alain Le Vern qui avait fait part vendredi de ses inquiétudes sur l’issue du dossier. Le président PS de la région Haute-Normandie avait notamment déclaré vendredi qu’avec les dossiers présentés par les deux repreneurs déclarés, Alafandi Petroleum Group (APG) et NetOil, le candidat à la reprise d’une PME serait « recalé ». Réponse d’Yvon Scornet: « En neuf mois de conflit on l’a vu une fois sur le site et encore parce que son leader (François Hollande, NDLR) était là ». Le syndicaliste craint que l’analyse d’Alain Le Vern ne soit partagée par d’autres, notamment au gouvernement. « Si on nous laisse mourir on ne mourra pas en silence », prévient-il en demandant que les dossiers des candidats soient examinés « honnêtement » et « sur des bases correctes ».