Unité de soins dédiée aux détenus : Robert Badinter souligne le caractère visionnaire de l’expérimentation

(fil-fax 19/09/12)

« Je ne saurais jamais assez dire combien cette expérimentation est importante. C’est une question majeure pour l’administration pénitentiaire », a souligné Robert Badinter en inaugurant le centre avant d’insister sur le caractère visionnaire de ce genre d’unité. « C’est pour moi une vision et un modèle de l’avenir, ici ce n’est pas le “détenu malade“ que l’on traite, c’est un “patient détenu“. La détention devient simplement une exigence de sécurité. Pour tout le reste c’est un patient. C’est exactement ce vers quoi il faut s’engager », a expliqué l’ancien ministre de la Justice. Pour éviter la récidive des détenus sortants il faut avant tout lutter contre la “sortie sèche“, c’est-à-dire sans préparation ni accompagnement, et « tout particulièrement pour ces détenus » atteints de troubles psychiatriques plus ou moins importants. Questionné sur la question de la surpopulation des prisons et de ses conséquences néfastes sur l’équilibre mental des prisonniers, l’avocat a regretté le trop petit nombre (actuel) de mesures pour mettre un terme à la détention, d’autant que « la prison n’est pas la réponse » et qu’elle représente « toujours le constat de l’échec »« Être trois ou quatre dans une cellule conçue pour une ou au maximum deux personnes, il suffit d’imaginer ce que cela signifie pour des êtres généralement jeunes et confinés dans cet espace restreint pendant 20 ou 22 heures par jour ».

Sans l’avoir visité, Robert Badinter est revenu sur l’état de vétusté de la prison de Rouen appelée à être remplacée à l’horizon 2014 par un nouvel établissement

« Il n’y a d’autres réponses que de la fermer et d’en ouvrir une autre. Elle n’a pas sa place dans un parc pénitentiaire moderne. C’est terminé pour elle », a-t-il commenté n’ignorant pas par ailleurs, la polémique sur l’emplacement de la futur prison rejetée par toutes les communes concernées. « Je souhaite que les municipalités s’accordent sur cet emplacement. Il y a ici une méprise, il est toujours possible d’expliquer aux habitants pourquoi il est nécessaire de construire une nouvelle prison et que les mesures de sécurité peuvent être prises facilement. Il faut ici briser les préjugés », a-t-il conclu.

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