(fil-fax 22/09/12)
Le SMEDAR, Syndicat Mixte d’Elimination des Déchets de l’Arrondissement de Rouen, a procédé vendredi au lancement officiel des travaux d’un important réseau de chaleur qui permettra de chauffer à la fin 2013 quelque 10.000 logements et des équipements publics des villes de Grand-Quevilly et de Petit-Quevilly. Le réseau “VESUVE“, pour Valorisation de l’Eau Surchauffée de l’Unité de Valorisation Energétique, prévoit le déploiement de 23 kilomètres de tuyaux (11,5 km aller et 11,5 km retour) reliant l’unité d’incinération du syndicat installée en bord de Seine aux chaufferies clientes. A terme, plus de 90% de l’énergie thermique utilisée pour le chauffage des bâtiments collectifs de Grand-Quevilly et de Petit-Quevilly seront issus de la vapeur d’eau. Les jours de grand froid l’appoint sera effectué par les chaudières des clients. Près de 1.500 m3 d’eau circuleront dans l’installation à une température de 110° sur le trajet aller et 75° sur le trajet retour. La puissance nominale maximale du réseau sera de 38 MW. Le rendement énergétique de l’unité d’incinération passera à 49% grâce au soutirage de la vapeur sur la turbine existante. Il est actuellement évalué à 27% via la production d’électricité vendue à EDF. Cette énergie renouvelable non fossile provenant de l’incinération de déchets devrait permettre d’économiser chaque année l’équivalent de 8.000 tonnes de pétrole tout en évitant le rejet dans l’atmosphère de 14.000 tonnes de CO2, assure le SMEDAR maître d’ouvrage. Le réseau de chaleur nécessite un investissement de 12.418 M€ subventionné par l’ADEME à hauteur de 5.668 M€ dans le cadre des “fonds chaleur“.
Baisse des charges ou maîtrise des dépenses
Les clients du réseau bénéficieront d’une TVA réduite à 5,5%. Interrogé sur une éventuelle baisse des factures de chauffage chez les particuliers, le président du SMEDAR Patrice Dupray est resté plus que prudent. « Les tarifs ne seront pas indexés sur celui des énergies fossiles (gaz et pétrole). Les contrats seront donc plus pérennes et l’évolution des coûts beaucoup mieux maîtrisée pour les clients quant à une éventuelle baisse des charges pour les locataires il appartient aux collectivités de la décider », a-t-il souligné. « Si on peut, on le fera mais pour cela il faudrait connaître à l’avance le temps qu’il fera au prochain hiver. L’objectif (de l’opération) n’est pas la baisse des charges mais la maîtrise des dépenses », a commenté pour sa part le président de la CREA et maire de Petit-Quevilly Frédéric Sanchez.
Le SMEDAR assure la valorisation des déchets de 164 communes de l’arrondissement de Rouen et de la ville de Dieppe pour un total d’environ 610.000 habitants (454.000 tonnes de déchets collectés par an).