(fil-fax 25/09/12)
Le DREAL de Haute-Normandie (Directeur régional de l’Environnement, de l’aménagement et du logement) se rendra le 3 octobre prochain à Bruxelles défendre le projet de contournement-Est de Rouen (liaison A28-A13) devant la Commission européenne. Il lui présentera le dossier épineux du tracé qui se heurte à la présence de la violette de Rouen et de la biscutelle de Neustrie, deux plantes endémiques, faisant l’objet de protection, sanctuarisées par un classement en zone Natura 2000 sur les coteaux qui bordent la Seine au sud de Rouen. L’enjeu porte sur le débouché du barreau de desserte de l’agglomération de Rouen qui se ferait sur la rive droite de la Seine à la hauteur de la commune de Belbeuf – Saint-Adrien ou plus au sud à celle des Authieux sur le Port Saint-Ouen.
Dans les deux cas, le franchissement du fleuve se ferait par un viaduc. Or les deux sites comportent chacun un inconvénient : le coteau de Saint-Adrien abrite les deux fleurs endémiques. Sur la rive gauche, la voie rapide atterrit en plein sur un captage d’eau potable de La Chapelle qui alimente la moitié de l’agglomération de Rouen. Les premières études montrent qu’il pourrait être souillé en moins de 6 heures par une pollution provenant de la surface, délai trop court pour mettre en place les protections, a indiqué le préfet. Le passage par les Authieux suscite une levée de bouclier de ses habitants et sur la rive gauche, les réserves du maire de Oissel, Thierry Foucaud (PCF). Le tracé devrait éviter la zone du captage mais aurait un impact négatif sur les possibilités de développement d’entreprises et tangenterait les quartiers d’habités de Oissel.
La décision des autorités européennes devrait être connue dans les jours qui suivront le rendez-vous du 3 octobre qui doit « purger l’hypothèque environnementale », a indiqué lundi le préfet de région, Pierre de Bousquet, lors d’une rencontre avec la presse. Si la réponse est négative, l’Etat français ne pourra contrevenir au risque d’être condamné à une amende qui peut atteindre plusieurs centaines de millions d’euros. Et sur la défense de la violette de Rouen, la Haute-Normandie est déjà dans le collimateur de Bruxelles à propos d’un autre projet de déviation, de moindre importance, à Romilly-sur-Andelle au pied de la célèbre côte des Deux Amants où la fleur protégée est également présente.
La porte semble donc étroite pour les promoteurs du contournement-Est de Rouen, c’est-à-dire les élus de toutes tendances, à l’exception des écologistes d’EELV et de maires de communes traversées. Les services de l’Etat poursuivent les études autour des 34 hypothèses de fuseau qui ont été définies sur l’ensemble du tracé, entre l’A28 au nord et l’A13 au sud et sur le barreau est-ouest. Ce projet est un dossier « absolument prioritaire », a défendu le préfet de Région tout en admettant que localement certains maires étaient déterminés dans leur opposition. « Aujourd’hui on a une très grande concurrence entre les projets », a-t-il prévenu. « Et tout projet qui ne fait pas consensus est un projet qui tombe ».