
On dit souvent que Caudebec-en-Caux est la perle du pays de Caux. Chaque année, au début de l’automne, la commune devient perle du cidre en consacrant un dimanche à cette fierté gastronomique. Les années impaires, les visiteurs, toujours très nombreux, se massent à la “fête du cidre” ; les années paires, est organisé un Concours de Cidre fermier, attendu des producteurs amateurs et des gastronomes. C’est donc le concours qui avait lieu cette année. Virginie Malot, la dynamique présidente du Comité de la Fête de la Pomme et du Cidre, et les membres qui l’entourent, avaient paré la salle de la Tour d’Harfleur aux couleurs de la pomme et des traditions, autour d’une belle exposition sur le cidre et d’un concours d’arts des élèves de l’école Jacques Prévert.
Les producteurs étaient présents et fiers de proposer leur production à la dégustation. Plusieurs membres de la Confrérie des Gouste-Cidre de Normandie et Picardie les avaient fidèlement rejoint pour participer au jury et déterminer, dans les différentes catégories, les meilleures bouteilles. En entrant dans la salle de la Tour d’Harfleur, en fin d’après-midi, j’ai retrouvé le maire, Bastien Coriton. L’atmosphère était bercée d’une odeur qui me rappelait le cellier de mon enfance, celui où j’ai passé tant d’heures auprès de mon grand-père. Chaque année, avec lui, on suivait le même rituel. Les gestes et les mots étaient les mêmes. On pressait, on brassait, on mettait en bouteille.
Aux fêtes de fin d’année, on buvait le cidre de Noël. On n’avait droit qu’à un petit verre du nectar qui n’était pas encore arrivé à maturité. Il n’avait pas de bulles mais un goût que l’on ne retrouvait pas après. Baigné des images, des odeurs et des goûts de mon enfance, j’ai accompagné les élus et les membres de l’association au moment de la remise des prix. Je suis ensuite resté aux côtés de mon ami Bastien Coriton. Nous avions, l’un et l’autre, l’honneur d’être introduit dans la Confrérie des Gouste-Cidre de Normandie et Picardie. Au-delà du caractère sympathique d’être intronisé en même temps, je suis fier d’appartenir à cette confrérie qui défend notre patrimoine et le savoir-faire local.