
Il ne serait pas impossible qu’un certain nombre d’électrices et
d’électeurs aient voté pour le changement (c’est maintenant) dans l’espoir de
donner une claque à la clique de Sarkozy, notamment celle qui pourchassait les
Roms. Et bien, c’est raté ! L’actuel ministre reste dans les pas de ses
prédécesseurs, peut-être même en pire…
Souvenons-nous. Grenoble, le discours du mari de Carlita, Hortefeux qui
commence le boulot, Guéant qui le continue, la honte qui remonte à la surface
de l’Union Européenne, les cris d’orfraie mais à juste titre des associations
qualifiées de droits-de-l’hommiste par les bien-pensant frisant avec
l’extrême-droite, tout ça, tout ça…
La police se mit donc à démanteler moult camps de fortune ou plutôt
d’infortune, les médias, eux, en toute indépendance et avec le souci de la
démocratie qui les caractérise, se mirent à couvrir les expulsions en battant
des mains. On croyait ne plus voir cela avec l’élection de l’ex de Ségolène,
que les Roms qui échouent en France allaient être traités avec un peu plus
d’humanité, tout ça, tout ça…
Mais c’était sans compter sur le nouveau ministre de l’Intérieur, l’homme
aux costards pastel, l’ancien maire d’Evry. Pourtant, à bien regarder les actes
de cet homme qui semblait s’imposer de plus en plus au sein de l’équipe de
campagne du candidat normal, rien ne semblait moins exclu que la poursuite
d’une politique du bouc-émissaire à pointer en temps de crise pouvait
continuer.
Ainsi, sa fameuse et fumeuse sortie sur la marché d’Evry ou notre sémillant
maire d’alors s’épanchait à l’oreille d’un de ses collaborateurs, et le mot
semble aujourd’hui particulièrement bien choisi, en lui susurrant : «
Belle image de la ville d’Evry… Tu me mets quelques Blancs, quelques White,
quelques Blancos ! ». Le tout devant les caméras et les micros d’une
chaîne de télé privée pas particulièrement connue pour son progressisme, soit
dit en passant.
Donc, notre édile francilien qui semblait plus prédestiné à d’autres
priorités de par son appartenance à la « grande famille socialiste », est
devenu le ministre de l’Intérieur et des rafles réunies, digne successeur de
ses prédécesseurs Hortefeux et Guéant. Mais, là où le petit Manuel innove,
c’est dans l’exécution des démantèlements de camps roms. En effet, Vals ne
laisse plus la police se salir les mains avec ces hordes venues comme Gengis
Kahn de contrées lointaines plus à l’est. Non, le grand chef de la place
Beauvau rend le pouvoir au peuple, et au peuple de Marseille, qui plus est.
En effet, selon les observateurs plus ou moins patentés, la police
encerclait le camp et n’est pas intervenue lorsque les riverains se sont mis à
expulser eux-mêmes de leur voisinage les Roms incriminés, et, ajouterons-nous,
peut-être bien discriminés. Mieux encore, lorsque les mêmes riverains ont mis
le feu aux quelques maigres possessions que les intrus de la cité phocéenne
avaient laissés derrière eux, la maréchaussée urbaine n’est pas intervenue.
Cerise sur le gâteau, ou plutôt rascasse sur la bouillabaisse, elle n’a même
pas verbalisé les incendiaires, contrevenant pourtant avec la loi, alors que,
pour la Ligue des Droits de l’Homme, les familles « ont affirmé que des
riverains se sont présentés bidon d’essence à la main, laissant entendre qu’ils
avaient des armes. Il y a donc manifestement à éclaircir quel a été le rôle de
la police au cours de ces événements ». Enfin, des armes à Marseille, ce
serait tout de même étonnant, peuchère.
Bref, comme pourraient le dire Brice H ou Claude G : « J’en ai
rêvé, Manuel Vals l’a fait ! ».
Le mot de la fin aux Roms eux-mêmes avec ce proverbe rom, donc :
« Le serpent quitte sa mue, mais ne quitte pas son venin ».
Quant aux différents ministres de l’Intérieur, c’est une autre
histoire !
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