(fil-fax 03/10/12)
Les parents d’élèves qui attendent une présence plus importante des professeurs dans les établissements, lesquels défendent le principe de l’enseignement d’une seule discipline. Ce sont deux revendications entendues lors des deux réunions à huis clos, organisées en septembre dans le cadre de la concertation nationale pour une “Refondation de l’école de la République“. En Haute-Normandie, près de 150 personnes y ont participé, enseignants, chefs d’établissements, représentants des collectivités territoriales, parents d’élèves, associations d’étudiants et de lycéens, ont participé à des ateliers centrés notamment sur la formation et la mission des enseignants. Le fruit de ce travail doit faire l’objet d’une loi d’orientation et de programmation en 2013.
Dans ces réunions « la parole a été libre et le public très varié. Les propositions des uns et des autres n’ont jamais donné lieu à des perturbations », résume Olivier Launey, inspecteur académique et rapporteur de l’atelier consacré aux “missions des enseignants“. Y compris lorsque le corps enseignant a été mis en cause par des parents d’élèves appelant à une « école plus ouverte et plus intégrée dans le tissu local ». Des parents ont concrètement demandé que l’école de demain propose des horaires d’ouverture plus larges avec une « présence des professeurs plus importante » au sein des établissements. « Ils ont exprimé leur besoin de proximité et de dialogue avec les enseignants », rapporte M. Launey.
De leur côté, certains enseignants ont mis l’accent sur la transmission des connaissances autour d’une seule matière. « Beaucoup ont choisi d’enseigner une discipline et pas une autre. Ils l’ont choisie par amour et considèrent qu’elle participe à leur identité », explique le rapporteur. « Ils ne s’estiment pas, à tort ou à raison, suffisamment formés ou compétents pour exercer des missions qui relèvent d’autres personnels (santé, orientation, etc) ». Le respect des qualifications des enseignants a été jugé indispensable tout en ne perdant pas de vue une nécessaire adaptation de l’enseignement aux élèves.
Un projet d’établissement, une pierre angulaire
Le rapporteur cite l’exemple d’un chef d’établissement qui a insisté sur l’importance de renforcer le statut du “projet d’établissement » dans cette école idéalisée. Ce projet qui existe déjà identifie les moyens pédagogiques et humains accordés à un établissement en regard de ses objectifs et son implantation. « Le projet d’établissement permet d’incarner la mission nationale d’Education et rassemble toute la communauté éducative. L’enseignant n’est plus seul dans sa classe mais travaille en équipe », commente Olivier Launey. Ce travail en équipe a été jugé « incontournable » par une large majorité des participants. Les questions de son éventuelle rémunération et de son identification en tant que tel dans les emplois du temps ont été soulevées.