Titre japonais : 人間の証明
Nombre d’épisodes : 10
Diffusé en : Eté 2004
Chaîne de diffusion : Fuji TV
Fiche : DramaWiki

J’avais repéré ce drama en raison de son casting fort intéressant, m’étonnant de ne pas en avoir déjà entendu parler quelque part. Je l’ai mis dans « liste top secrète », mais au fil du temps j’ai un peu perdu la motivation de le voir. En fait, je me demande encore pourquoi, mais je m’étais mis dans la tête que c’était un procedural (vlà que je me mets à utiliser la termino des séries occidentales, influence des sériphiles sans frontière ^^). Et comme sans y être hermétique, je consomme le genre avec modération, ça ne me bottait plus. Et puis il y a quelques semaines, Asa a publié sa critique de la série. Et là j’ai réalisé que non, Ningen no shômei ça n’était pas une petite enquête par épisode mais une vraie grosse affaire, et qu’en plus, ça semblait particulièrement bien ficelé. Du coup, je n’ai pas tardé à me décider à me lancer. Et grand bien m’en a pris ! ^^
Le drama est tiré du roman policier du même nom écrit par Morimura Seiichi et publié en 1976. Comme c’est souvent le cas pour les romans qui ont déjà quelques dizaines d’années (je pense notamment à Suna no utsuwadans le même registre), ça n’était pas la première fois que ce roman était adapté : après un film en 1977, l’histoire a été portée pas moins de 3 fois sur le petit écran (1978, 1993 et 2001) sous forme de tanpatsu. Le drama de 2004 qui nous intéresse aujourd’hui est donc en fait le premier renzoku.

A Tôkyô, en un début de mois de juillet, le corps d’un jeune homme afro-américain est retrouvé sur l’île d’Odaiba. L’inspecteur Munesue, fraîchement dabarqué dans la section d’enquêtes criminelles, va être chargé de l’affaire. Que pouvait bien faire la victime au Japon ? Quel peut bien être le mobile du crime ? L’enquête va mener Munesue jusque dans des lieux chargés de souvenirs tragiques qu’il ne pensait pas revoir. En parallèle, nous suivons l’histoire d’une femme à la volonté de fer bien décidée à obtenir un siège à la Diète, d’un homme en fauteuil roulant et d’un gosse de riche complètement paumé. Petit à petit, les liens entre les différents protagonistes se dessinent et les histoires du passé ressurgissent…

Comme de nombreux héros de séries policières, Munesue a un côté assez sombre et des méthodes d’enqête parfois pas très conventionnelles. S’il a parfois du mal à communiquer, il n’est pas non plus une huître, et on ne peut que s’attacher à lui quand on réalise à quel point il vst hanté par son passé. Takenouchi Yutaka (Fumo chitai, Rondo, Dekichatta kekkon, BOSS, Nagareboshi, Beach boys…) fait vraiment des merveilles, et comme je venais juste de le voir dans son rôle de jeunot enthousiaste de Mada koi wa hajimaranai, le contraste a été vraiment flagrant ! L’acteur n’avait déjà plus rien à me prouver, mais il a plus que jamais confirmé son talent, et je compte bien continuer à le voir régulièrement, que ce soit dans des drama récents ou qui datent un peu.
Osugi Ren (TROUBLEMAN, Triangle, My boss my hero, Long Love Letter, Hungry!…) incarne Yokowatari, le coéquipier de Munesue. Il est un peut maladroit et long à la détente et c’est le genre de personnage qui pourrait être vite lourd s’il faisait trop d’interentions ou s’il était trop surjoué, mais aucun problème sur ces deux points, donc ça passe bien. Ogata Ken (Kaze no garden) est Nasu, le supérieur de Munesue. Contrairement à d’autres, il pense avant tout à la résolution de l’affaire et à la victime, pas à sa promotion ou à l’image de la police. Il fait donc tout ce qu’il peut pour aider Munesue, risquant parfois son poste.


Enfin, Yamaji est le chien de garde de service, qui ne perd pas une occasion pour faire des reproches à Munesue et préfère ne rien faire plutôt que de risquer de contrarier qui qui ce soit d’influent, qu’il fasse partie de la police ou pas. Satô Jirô (Yuusha Yoshihiko to Maou no shiro, Zenkai girl) sait rendre le personnage bien agaçant comme il faut. Tominaga, flic qui semble être entré par la grande porte des concours et ne pas avoir gagné sa place à l’ancienneté, est à peu près de la même trempe. Le rôle est tenu par Yamazaki Shigenori (Last friends, Tentai kansoku, MR. BRAIN, Mitsu no aji, Medaka).

Matsuzaka Keiko (Natsu no koi wa nijiiro ni kagayaku) incarne à la perfection Koori Kyôko, qui semble prête à tout pour obtenir le vote des citoyens du département de Kanagawa, y compris à jouer les familles modèles alors qu’elle semble porter peu d’affection à ses enfants. Les raisons qui l’on poussée à devenir si ambitieuse et sans pitié constituent une partie du mystère. L’actrice est vraiment épatante, on a l’impression qu’elle ne joue pas.

Tanabe Seiichi (Kimi wa petto, Yume no california, 11 nin mo iru!) est Saeki, le secrétaire de Keiko. Je n’aime pas beaucoup l’acteur, mais là c’est certainement le rôle le plus intéressant dans lequel je l’ai vu. La fille de Kyôko, Sayaka, est jouée par Horikita Maki (Kurosagi, Atashinchi no danshi, Wagaya no rekishi…), qui n’apparaît au final pas beaucoup mais a quand même le temps de prouver qu’elle est toujours aussi plate. Heureusement, il en aurait fallu bien plus pour gâcher le drama.
L’entourage de Munesue en-dehors de son travail se réduit à son amie d’enfance, Kiriko, journaliste qui va être amenée à écrire un article sur Koori Keiko. Kiriko sait comment Munesue fonctionne, et elle parvient tant bien que mal à lui faire confier un peu ses états d’âme. J’ai été heureuse de pouvoir revoir Natsukawa Yui (Kekkon dekinai otoko, Anata no tonari ni dareka iru, Aoi tori), qui se montre très naturelle et spontanée.


Oyamada est un homme qui est en fauteuil roulant depuis plusieurs années. Sans emploi, obligé de rester chez lui, sa situation est difficile et il dépend entièrement de sa femme Fumie. Ce rôle d’homme très calme mais dont la colère peut vite éclaté convient à merveille à Kunimura Jun (Andô Natsu, Suitei yuuzai, Carnation). Fumie est jouée par Yokoyama Megumi, et le rôle puant que l’actrice avait dans Kono yo no hate lui colle tellement à la peau que quand il lui arrive des malheurs je m’en réjouissais presque. Mais en fait, elle ne le mérite pas évidemment ^^. Oyamada va par la force des événements être amené à faire équipe avec Niiimi (Kazama Morio), un homme qu’il n’aurait certainement jamais fréquenté en temps normal. Les deux personnages que tout opposent forment un duo aussi improbable que marquant, et si la situation est toujours grave pour eux, certains de leurs échanges font franchement sourire.



Takaoka Sôsuke incarne Shôhei, un gosse de riche qui comble son ennui en jouant avec la drogue. On hésite sans cesse entre le plaindre et avoir envie de lui coller une bonne paire de claques. Il va faire la connaissance de Michiko (Matsushita Nao), une jeune femme qui est presque aussi paumée que lui mais qui a quand même un peu plus la tête sur les épaules. Mais ça ne va pas réussir à empêcher ce qui va leur arriver…


En plus de ces différents petits groupes de personnages, on peut trouver un certain nombre de protagonistes qui jouent un rôle clé dans l’intrigue. Mais pour ne pas trop en dévoiler, je ne citerai que les acteurs qui les incarnent et que j’ai pu reconnaitre. On peut donc retrouver Lily (Shinya Shokudô), Ikeuchi Hiroyuki (Great Teacher Onizuka, Smile, Beautiful Life), Ishida Ayumi (Smile, Home drama) ou encore Izumiya Shigeru (Itoshi kimi e, Engine, Hachimitsu to Clover, Kurosagi, Hiroshima Shôwa Nijûnen Hachigatsu Muika, Medaka) et Ono Machiko (Carnation, Gaiji keisatsu).




Si l’intrigue de Ningen no shômei se base sur des coîncidences et des hasards bien pratiques comme c’est bien souvent le cas dans les enquêtes, on a un tas de raisons de ne pas le reprocher au drama. Déjà, parce que ces hasards sont complètement assumés. Et puis surtout, le puzzle que constitue l’affaire principale est admirablement bien maîtrisé. Sans jamais nous faire trop lambiner et à un rythme très constant, chaque pièce se met en place petit à petit, et l’on se prend complètement au jeu, la qualité des personnages jouant également un grand rôle.
L’atmosphère est primordiale dans un drama policier, et celle de Ningen no shômei est une franche réussite. Il y a le présent de l’enquête, qui se déroule principalement autour d’Odaiba. Il y a les flash-backs sur le passé des différents personnage qui nous font voyager à d’autres moments et dans d’autres lieux. Et il y a aussi toute la partie de l’histoire qui se déroule aux Etats-Unis. Toutes ces scènes sont très crédibles, on se croirait vraiment dans une série américaine. Elles sont centrées sur Johnny, la victime, mais aussi sur un flic qui a la gâchette facile envers les personnes de couleur.

On est bien loin de Disney et des héros américains, et si on pourrait bien sûr noter que les Japonais ne sont pas forcément bien placés pour reprocher à d’autres d’être racistes, ce n’est de toute façon pas le propos principal de l’histoire, et ça fait paisir pour une fois de ne pas avoir affaire à une vision mode Eldorado. Les Etats-Unis sont également présents dans un autre élément de l’intrigue, celui de l’enfance de Munesue à Yokosuka. On a un aperçu d’un moment de l’Histoire récente entre le Japon et les Etats-Unis avec des thèmes qui sont parfois encore d’actualité dans certains coins du Japon, et j’ai trouvé ça passionnant. A travers l’objet clé que constitue le chapeau de paille que l’on voit sur l’affiche, le drama prend une dimension presque poétique et très nostalgique étant donné que les images du passé sont nombreuses.
C’est Iwashiro Tarô (Watashitachi no kyôkasho) qui s’est occupé de la composition de l’OST du drama, et il nous livre un travail exceptionnel. Ses mélodies traduisent parfaitement la tragédie, le mystère, le suspense ou la nostalgie, et me sont restées dans la t4te longtemps après avoir fini le drama. L’OST se classe définitivement parmi mes préférés, et j’ai ressenti une frustration extrême quand je me suis rendu compte qu’elle n’avait même pas été éditée en CD. Pas moyen de réécouter la musique en dehors du drama, c’est vraiment trop dommage ! La chanson de Kawaguchi Kengo que l’on entend dans l’ending a une touche bien américaine qui cadre bien avec l’histoire et est très réussie.
Ningen no shômei est clairement un des meilleurs drama policiers que j’ai vus. Son ambiance est vraiment prenante et marquante, et j’ai apprécié toutes les dimensions de l’histoire. Un scénario bien mené, une interprétation sans faille et une réalisation maîtrisée, tous les ingrédients sont réunis. Un de mes coups de coeur de l’année et une petite référence dans le genre qui est à voir absolument !