La municipalité de Rouen veut montrer un visage uni après quatre ans de mandat

(fil-fax 11/10/12)

Les relations difficiles au sein de la majorité municipale de la ville de Rouen, entre le groupe écologiste EELV et celui du Parti socialiste, semblent retrouver de la sérénité. Le bras de fer de 2010 avec le maire de l’époque Valérie Fourneyron, qui avait conduit les adjoints EELV à démissionner de leurs postes et se défaire de leurs délégations, est presque oublié. A l’occasion d’une présentation d’un point d’étape retraçant quatre ans de mandat, le maire Yvon Robert  – premier adjoint jusqu’en juillet dernier – était flanqué du Vert Jean-Michel Bérégovoy, et de la communiste Hélène Klein. Journal municipal du “Point d’Etapes“ en main, M. Robert pouvait feuilleter un document où personne ne manque à l’appel pour se féliciter de réalisations comme le GPV, le démarrage du quartier de la Luciline, celui des quais de la rive gauche. Hélène Klein insiste sur l’apport des élus Front de Gauche en faveur des régies municipales pour les cantines, les parkings, la gratuité des bibliothèques. Jean-Michel Bérégovoy assure que les écologistes ont convaincu leurs « partenaires » de la rénovation de la ligne 7 de transports en commun, ou encore de l’utilité d’un “atelier urbain de proximité“ pour la reconstruction du marché de l’emblématique place des Emmurées dans le centre rive gauche.

« Parfois la pluralité est difficile », sourit M. Bérégovoy en rappelant que les dissensions ont « bien été réelles. Aujourd’hui, il me semble que la situation s’est considérablement améliorée ». Pour autant, le groupe EELV ne sollicitera pas un retour au sein de l’exécutif avec des postes d’adjoints pour les dix-huit mois de mandat restants. Pour le maire socialiste, une des clés du rétablissement se trouve à l’échelon national où le gouvernement réunit socialistes et écologistes. A Rouen, le groupe que préside Mme Klein reste fidèle à l’engagement municipal mais n’oublie pas de marquer sa différence avec un gouvernement dont ils attendent « plus de justice fiscale et locale ».

Le bilan des quatre années est repris par M. Robert même si sa réalisation est à mettre à l’actif de Mme Fourneyron qui a laissé son fauteuil de maire en juillet dernier, après sa nomination au gouvernement. Les projets urbains n’ont pas tous été engagés, comme l’aménagement de l’Ile Lacroix, ou ont été décalés. L’explication du maire est d’abord d’ordre financier. Avec la crise économique, les emprunts toxiques que la ville avait contractés avant 2008, ont contribué à plomber l’action municipale. M. Robert assure y avoir bon ordre. « Je ne sais pas comment ils auraient financé la médiathèque, le GPV », analyse-t-il en ciblant la municipalité précédente. Et il accuse : « En contractant de tels emprunts, ils ne pensaient pas à l’avenir ».

Pour Yvon Robert, avec le GPV qui concerne les Hauts-de-Rouen et le quartier de Grammont, le grand dessin de Rouen se situe à l’ouest. D’un quartier d’entrepôts, étalé sur 10 ha avec seulement 10 habitants, l’objectif est d’atteindre les 2.500 habitants. « C’est long », reconnaît Yvon Robert qui se souvient que c’est sous son premier mandat en 1997, que les premières préemptions ont été signées. Et les premiers immeubles sortiront de terre au début 2013.

Deux pages pour l’opposition

Le “Point d’Etape“ proposé par la municipalité comprend également deux pages (sur 34) ouvertes totalement aux deux groupes d’opposition, “Centre, Démocrates et Indépendants“ et UMP, qui tirent un bilan évidemment négatif de quatre premières années du mandat.

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