Alexandre ADLER est intervenu jeudi 27 septembre, à la CCI du Havre, sur le thème "2013 : la France à la croisée des chemins".
Voici quelques extraits.
A propos de l’Allemagne :
- La fusion des deux Allemagne a été un choc plus violent que
prévu. Ainsi l’Allemagne de l’Est a perdu 4 millions d’habitants (passant
de 17 à 13 millions d’habitants aujourd’hui) ;des villes entières
ont été vidées de leurs habitants partis chercher du
travail à l’Ouest.
Cet effondrement de l’économie est-Allemande
s’explique par la perte du marché soviétique et la parité
du mark est-allemand avec son homologue ouest-allemand. - A la fin des années 90, l’allemagne s’était assoupie, en partie
assommée par le choc de la réunification allemande, avec une
compétitivité en berne. - Gehard Schröder avec l’agenda 2010, à partir de 2003, a réussi à rassembler l’ensemble des forces politiques (conservatrices et sociale-démocrates)
et économiques (patronales et syndicales) pour réaliser d’importants
efforts de compétitivité : coupes claires dans les dépenses
sociales, baisse d’impôts et réforme du marché du travail
(HARTZ IV).
Dix années plus tard, ces efforts sont courronnés
de succès, essentiellement à l’exportation : l’Allemagne exporte
plus en valeur que la Chine. Le chômage est bas et l’économie
allemande attire des travailleurs de toute l’Europe.
Politiquement, l’agenda
2010 s’est soldé par une déroute électorale pour le SPD
de Gehard SCHRODER. - L’opinon publique allemande est anti-européenne mais n’ose pas l’exprimer,
de peur d’être accusée de nationalisme allemand… En revanche,
les élites politiques allemandes sont profondément en faveur
de l’Europe.
A propos de l’Europe :
- La dette publique européenne est moins élevée que celle
des USA. Les marchés financiers ont longtemps considéré
que toutes les dettes libéllées en euros étaient équivalentes,
la dette grecque comme la dette allemande. Ils ont découvert à
leurs dépens l’absence de solidarité bancaire entre pays européens,
ce qui a conduit à la perte de confiance des marchés vis à
vis des pays du Sud. - La crise actuelle conduira à un big-bang de la construction européenne : accepter la solidarité budgétaire, bancaire et … une certaine
perte de souveraineté nationale puisque la solidarité oblige
au contrôle des budgets nationaux par l’Europe.
Déjà,
le traité budgétaire prévoit un engagement des Etats
à avoir des budgets équilibrés ou en excédent
soit un déficit structurel (hors service de la dette) < à
0,5% et un déficit budgétaire < à 3%. Les Etats n’honorant
pas leurs engagements se verront sanctionnés d’une amende de 0,1% de
leur PIB.
A propos de la France :
les 3 secteurs où la France doit progresser :
- Exportation : exporter davantage en améliorant la rentabilité
et la compétitivité des entreprises françaises. Favoriser
le développement économique dans des activités à
faible main d’oeuvre. Les activités à forte main d’oeuvre ne
peuvent être compétitives par rapport à la main d’oeuvre
des pays émergents. Pour comprendre le problème de compétitivité des entreprises françaises lire l’article
d’Elie Cohen de février 2011. - Formation : réformer la formation , l’école primaire comme
la formation continue. - Aménagement du territoire : apprendre à gérer des régions
plus fortes.
Quelques mesures susceptibles de favoriser le redressement de la France :
- Une Union politique : une union politique entre le PS, le Centre et l’UMP
est nécessaire pour réformer la France comme ce fut le cas en
Allemagne ou aux Pays Bas. - La réduction des dépenses sociales : il faut rassurer les
Français sur les principaux éléments du modèle
social français : accès de tous au sytème de santé,
à l’éducation, à l’indemnisation du chômage, aux
pensions des retraités.
Mais il faut revenir sur les 35h, l’âge
de départ à la retraite, chasser le gaspillage et plafonner
les aides sachant que les catégories de Français les plus vulnérables
ne sont pas celles que l’on entend le plus.
Pour lire le compte rendu de la conférence d’Alexandre ADLER du 25 septembre 2007, à la CCI du Havre sur "l’état du monde en 2020" cliquez ici