Les Francofolies de Kinshasa

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Le président de la République française s’est rendu la semaine
dernière en République presque Démocratique du Congo pour assister à un sommet.
Le choix du lieu a été décrié et la question s’est posée : fallait-il y
aller ?

François Hollande se serait-il rendu dans la capitale congolaise pour aller
porter à la ministre des Français de l’étranger la facture de son voyage en jet
privé ? Il Rien n’est moins sûr, car il a été vu auprès de son « hôte
», le Président-Fils Kabila. Le compagnon de Valérie T., tweeteuse de choc plus
que de chic, assistait en fait au sommet de l’OIF, l’Organisation
internationale de la Francophonie, une sorte de « machin » comme
aurait dit De Gaulle.

En effet, l’OIF, est une organisation dont l’objectif de départ, enfin,
l’objectif public, était la défense de la langue française et la promotion des
cultures des pays francophones, en recul dans un monde de plus en plus
globalisé, une simple « agence de coopération culturelle et technique ».
Si cet objectif n’est en soi pas condamnable, nous constatons sommet après
sommet une confusion des genres. Les bien belles images diffusées par les
médias ressemblent fort à celle d’un sommet d’un autre genre, autre rituel de
la France à l’étranger : les sommets Afrique-France voire
France-Afrique.

De mauvais esprits, forcément chagrins, ont regretté voire condamné la
présence de François Hollande aux côtés de son homologue beaucoup plus
congolais que démocrate en raison des fraudes avérées (c’est un euphémisme) qui
ont entaché son élection en 2011 et de la 1ère Guerre Mondiale Africaine qui
ont fait quelques millions de victimes sur un territoire dont le sous-sol est
un véritable scandale géologique : or, diamants, minerais divers et
surtout rares… Certains ont même parlé de « Françoifrique » à cette
occasion !

Pourtant le François en question n’avait pas ménagé ses efforts pour nous
persuader de la justesse de sa présence. Comme annoncé plusieurs semaines avant
le sommet, nous allions voir ce que nous allions voir : Hollande allait
donner une leçon de démocratie au rejeton Kabila, allait rencontrer les
opposants historiques comme Tchissekedi et surtout, allait sonner au préalable
la fin de la Françafrique dans un discours lors d’une halte au Sénégal,
discours qui allait effacer des tablettes le fameux et fumeux « discours
de Dakar » prononcé par Sarkozy sur des paroles de Guaino en juillet
2007.

Certes, l’occupant de l’Elysée a bien délivré son discours au parlement
sénégalais. « Le temps de la Françafrique est révolu : il y a la
France, il y a l’Afrique, il y a le partenariat entre la France et l’Afrique,
avec des relations fondées sur le respect, la clarté et la
solidarité
 » a-t-il expliqué. Mais l’enfer est pavé de bonnes
intentions, et des paroles aux actes, il y a un fossé, voire un gouffre. Se
rendre au Sénégal comme destination annexe pour noyer le poisson congolais dans
l’eau du marigot a à peine failli se voir. Les visiteurs africains de Élysée
sous le mandat Hollande ressemblent étrangement à ceux d’avant le
changement : Ouattara, Bongo, Issoufou, Compaoré… La réduction de la dette
ivoirienne annoncée dernièrement ira plus dans les poches déjà pleines des
dirigeants des grandes entreprises françaises que dans celles plutôt vides de
la population ivoirienne. On a d’ailleurs célébré les 40 ans du Franc CFA à
Paris le 5 octobre dernier, vestige monétaire de la colonisation…

Il ne suffit pas de décréter la fin de la Françafrique pour qu’elle soit
réelle. Les prédécesseurs du père François de la nation nous on déjà servi ce
plat, aujourd’hui il fait plutôt réchauffé. Au-delà des mots, les actes sont et
seront le véritable baromètre de la relation occulte qui lie la France à
l’Afrique ou plutôt qui lie les mains d’une partie de l’Afrique au profit de la
France. Ceux de François Hollande et de son gouvernement seront mesurés à la
fin du mandat.

Le mot de la fin à Fabrice Tarrit, président de l’association Survie :
« En langue de bois (…) dictateur se dit chef d’Etat élu au terme d’un
scrutin entaché de quelques irrégularités, se compromettre avec des régimes
corrompus et répressifs se défend par la volonté de ne pas pratiquer la
politique de la chaise vide. (…) En langue de bois diplomatique, il est certes
plus convenable de dire Francophonie que Françafrique
. »

Du bois d’ébène, évidemment…

Retrouvez les Billets Primonde sur le site de Radio HDR.

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