Le conseil général de Seine-Maritime s’interroge sur le rôle et les moyens du département face à la crise

(fil-fax 18/10/12)

La réunion ordinaire du conseil général de la Seine-Maritime, organisée mardi 16 octobre, a été marquée par l’annonce de la liquidation de la raffinerie Petroplus. Tous les groupes ont manifesté leur soutien aux salariés, et appuyé la démarche commune auprès du gouvernement.

L’ordre du jour a toutefois été précédé du traditionnel débat de politique départementale – intervenu avant la décision du tribunal – où l’opposition Alternance 76, a dénoncé un « détricotage » des lois de décentralisation du précédent gouvernement, le groupe communiste a plaidé pour « l’intervention publique, le volontarisme politique ». Côté PS et Divers gauche, ce sont surtout les emplois d’avenir que le Département devrait commencer à recruter dès 2013 qui ont été mis en avant. Patrick Jeanne (PS) a devancé les critiques de l’opposition : « Nous croyons à l’intervention de proximité face à la crise », a insisté le maire et conseiller général de Fécamp.

Pour le groupe Alternance 76, Pascal Martin s’est employé à dénoncer un changement de pied de l’exécutif départemental depuis juin. « L’Etat était coupable de tout et les collectivités, en majorité à gauche, responsables de rien », a lancé M. Martin pour qui les deux premières annonces du gouvernement Ayrault concernant les collectivités territoriales « sont particulièrement inquiétantes : un acte 3 de la décentralisation qui est un retour en arrière et l’annonce de la baisse des dotations de l’Etat ».

Pascal Martin a également soutenu la suppression de la clause de compétence générale qui permet aux collectivités d’intervenir dans tous les domaines. Il y préfère « une baisse du train de vie du conseil général et un recentrage ses domaines de compétence ».

Le communiste Sébastien Jumel l’a vigoureusement repris : « Notre collègue Martin ne manque pas d’air. La droite est disqualifiée sur cette question ». Le conseiller général du Front de gauche a demandé que le département assure « son rôle de bouclier social plus encore aujourd’hui qu’hier ». Il a également appelé la gauche « au pouvoir partout », à ne pas abandonner « le combat pour garantir à notre collectivité les moyens de fonctionner ».

Sur la question de la compétence générale, le président du conseil général, Didier Marie, s’est voulu caustique en observant que Pascal Martin était devenu « une espèce rare, en restant fidèle aux thèses défendues par Nicolas Sarkozy ». Car selon M. Marie, tous les exécutifs départementaux, de droite et de gauche, demandent le maintien de la dite clause.

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