(fil-fax 01/11/12)
François Fillon a fait salle comble mardi soir à Bois-Guillaume pour une étape haut-normande de sa campagne pour l’élection à la présidence de l’UMP. Devant quatre à cinq cents personnes, l’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy, a délivré le « message de vérité » dont il cultive les formules, insistant sur le “deux“ des « deux défaites électorales », de mai et juin, décrivant les raisons du « déclin » qui menace la France et l’Europe. « Des amis me le reprochent. Dire la vérité, c’est trop dur. Ce n’est pas supportable de parler de déclin. Eh bien je vous assure que si on ne dit pas la vérité, on ne peut pas s’en sortir ».
Dans la bataille qui l’oppose à Jean-François Copé pour la direction de l’UMP, François Fillon se garde de bien de lancer des piques directes. L’auditoire normand était convié par la députée Françoise Guégot. A Bois-Guillaume – Bihorel sur les terres de sa circonscription qui lui sont le plus favorables, l’heure pas aux chicanes. « Rassembler notre famille politique est essentielle », a demandé Mme Guégot en expliquant son soutien à François Fillon notamment par ses liens avec Laurent Wauquiez et Valérie Pécresse, présente à Bois-Guillaume, mardi soir. « Ce message prend tout son sens ici, car nous avons tout à reconquérir », a lancé celle qui a perdu la mairie de Mont-Saint-Aignan en 2008 au socialiste Pierre Léautey en raison de la division de la droite. Une fois dressée la liste des plus grandes collectivités à majorité de gauche, il restait encore à remercier les battus des dernières législatives, présents à la tribune : Daniel Fidelin, Alfred Trassy-Paillogues, Michel Lejeune…
« Est-ce qu’on va être capable d’incarner l’espoir ? », a répondu François Fillon qui a prévenu : « On a perdu deux fois. Il ne faut pas se réjouir que 5 mois après, on soit déjà dans la désillusion. C’est inquiétant, car on n’est qu’au début du quinquennat ». Manifestement l’ancien Premier ministre préfère jouer le temps lorsque d’autres veulent se précipiter la précipitation. Ce qui lui a permis de se démarquer de Jean-François Copé, sans citer son nom : « Il ne suffit pas seulement de faire les fiers à bras, en se disant : “On va gagner les prochaines élections locales“. Il faut incarner un véritable espoir de redressement national ».
Ce qui ne l’empêche pas de concentrer ses attaques sur le Président de la République et le gouvernement. Avec une formule : « Dans la crise on a dû faire les pompiers pour éteindre l’incendie. Il n’y a plus de pompiers. M. Hollande et ses amis font plonger la France ».