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| Fabrication de l’eau de vie. |
Le Sieur Normand pour sa défense, affirma qu’il s’agissait là d’un stock visant à couvrir sa consommation personnelle annuelle, consommation certes très élevée, mais qu’il tenta de justifier par le nombre de personnes à sa charges, tant dans son ménage, que dans son exploitation. Il avançait par ailleurs que ses revenus et biens étaient tels qu’il n’avait nul besoin de rechercher des ressources supplémentaires en faisant commerce illégal d’eau de vie:
Louis Normand verra cependant sa requête en exonération rejetée, car son argumentation ne leva pas les doutes de l’administration qui, par des contrôle régulier de se stock, s’était aperçu que se n’était pas seulement en moyenne trois quart de pot par jour qui était consommé, mais qu’entre certains contrôles, cette consommation se révéla s’élever à plus de 2 pots un quart et un huitième par jour, ce qui ne pouvait aucunement correspondre à une consommation personnelle !!! L’administration confirma donc son accusation, targuant que Mr Normand devait nécessairement faire commerce illégal d’eau de vie, notamment avec quelques cafetiers indélicats du village.
Un autre Mannevillais, Jacques Poulain, marchand boucher à Saint-Pierre-de-Manneville, fut pour sa part accusé de ne pas avoir réglé les taxes préalables à l’abattage d’un boeufs qu’il avait ensuite vendu dans son magasin. Ce dernier, plus astucieux, ne nia pas les faits, mais attaqua en nullité le procès verbal de l’administration, au prétexte que ne figuraient pas sur le document le nom et les coordonnées du fonctionnaire ayant dressé le procès verbal. Jacques Poulain eut gain de cause, et n’eut jamais à s’acquitter de la taxe que l’administration lui réclamait.
Conclusion: avec l’administration fiscale, peut-être vaut-il mieux être procédurier que menteur !!!
Au delà de ces anecdotes fiscales, nous noterons que certains fermiers de Saint-Pierre-de-Manneville étaient relativement aisé, ainsi que le fait remarquer Louis Normand pour sa pseudo défense:
propriétaire de deux fermes, il possédait également 12 vaches, quatre chevaux, et expédiait quotidiennement vers Rouen 3 bateaux remplis de fruits, de bois et de foin…. Les affaires semblaient donc aller plutôt bien pour ce fermier Mannevillais, même si son ménage était composé de 12 personnes à nourrir, sans compter les journaliers dont il ne précise pas le nombre, mais dont on sait qu’il les faisait travailler les trois quart de l’année !!!!
Sources: Archives Départementales de la Seine Maritime.
