(fil-fax 14/11/12)
Le tribunal de commerce de Rouen a repoussé mardi au 5 février 2013 la date limite de dépôt des offres (DLDO) pour les candidats à une reprise de la raffinerie Petroplus de Petit-Couronne (470 salariés), dont la liquidation judiciaire a été prononcée le 16 octobre. Ce nouveau délai accordé après plusieurs reports, répond à la demande du fonds souverain de l’Etat libyen, Libyan Investment Autority, qui est apparu dans ce dossier le 5 novembre.
Le tribunal a sans aucun doute pris en compte cette marque d’intérêt soudaine de la Libye dans la mesure où elle a l’appui du gouvernement français qui l’aurait lui-même sollicitée. Le fonds libyen avait alors demandé un délai de trois mois pour examiner le dossier de reprise. Le gouvernement étudie également la possibilité de faire entrer le FSI (Fonds stratégique d’investissement) dans un tour de table. LA piste libyenne prend corps et pour enfoncer le clou, le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, a accompagné ces deux derniers jours, Laurent Fabius en déplacement diplomatique à Tripoli. Le ministre des Affaires étrangères suit évidemment de très près le dossier de la raffinerie de Petit-Couronne qui se trouve sur sa circonscription d’élection.
Les deux ministres sont-ils revenus avec des assurances sur les intentions libyennes ? Selon le journal Le Monde (14/11/12) Arnaud Montebourg envisagerait même la création d’un groupe pétrolier franco-libyen qui serait présent sur le territoire national. A Petit-Couronne, il s’agirait de mettre à niveau la raffinerie par des investissements et son extension en utilisant des terrains disponibles, 120 ha selon M. Montebourg cité par Le Monde.
Le nouveau délai accordé par le tribunal de commerce de Rouen n’écarte pas pour autant les autres offres ou marques d’intérêt à commencer par celle de NetOil (Dubaï) qui a déjà concouru mais a été recalé pour des raisons financières ou administratives. Ses dirigeants se déclarent prêts à s’associer au projet libyien. Cinq noms sont cités : Alafandi Petroleum Group (APG), basé à Hong Kong, l’Irakien Jabs Gulf Energy Ltd, l’Iranien Tadbir Energy Development Group, ainsi que les Suisses Activapro AG et Terrae International.
Du côté de l’Intersyndicale (CGT, CFDT, CFE-CGC) très impliquée dans le processus de recherche d’un repreneur, on maintient la pression et on refuse de s’en tenir à une seule solution. Ainsi, pour son porte-parole Yvon Scornet, « si un dossier est complet et recevable avant le 5 février, il faut le prendre et autoriser la session sans attendre l’expiration du délai ».
D’ici là un autre rendre-vous est prévu le 4 décembre où le tribunal de commerce fera le point sur les candidatures et se prononcera sur une éventuelle prolongation de l’activité de la raffinerie au-delà du 15 décembre, date initialement prévue pour la fermeture définitive. Le prolongement du contrat à façon de Shell, passé en juin dernier, permettrait de maintenir la raffinerie en activité jusqu’au premier trimestre 2013.
Novembre 2011 : menaces sur les huiles
Il y a tout juste un an, en novembre 2011, les prémices de la déconfiture de Petroplus étaient apparues avec le projet de fermeture de l’unité de fabrication des huiles. Dans les touts derniers jours de 2011, le groupe suisse de raffinage était privé de sa ligne de crédit nécessaire à l’achat du pétrole brut pour ses 5 sites en France, Belgique, Angleterre, Allemagne et Suisse. La raffinerie de Petit-Couronne a déposé son bilan le 24 janvier devant le tribunal de commerce de Rouen.
Réaction : Didier Marie, président (PS) du conseil général
« Je me réjouis qu’une nouvelle chance soit laissée à l’entreprise. (…) Nous devons donc rester mobilisés aux côtés de l’Etat pour faire aboutir les offres de reprise et permettre ainsi la préservation d’un maximum d’emplois. La Seine-Maritime a besoin de la raffinerie Petroplus. Nous devons continuer d’y croire ! »