Le gouvernement supprime le commissariat au développement de la vallée de la Seine

(fil-fax 20/11/12)

La nouvelle n’est pas franchement une surprise : le Commissariat général au développement de la vallée de la Seine qui était animé par l’ancien maire UMP du Havre Antoine Rufenacht vient d’être supprimé par décret du Premier ministre Jean-Marc Ayrault. « Cette décision ne m’étonne pas mais ce qui me préoccupe c’est que ce projet d’intérêt national ne semble pas être pris en main par une quelconque autre structure », a commenté l’ex-commissaire général.

Créé en mai 2011, par le prédécesseur de Jean-Marc Ayrault, François Fillon, ce commissariat avait pour mission de concevoir « un projet ambitieux » associant les territoires normands et franciliens et se voulant le pendant maritime du Grand Paris. Dans un rapport publié en février, Antoine Rufenacht avait chiffré à 18 milliards d’euros le coût des investissements nécessaires pour donner consistance au projet. Plus de la moitié aurait été consacrée à la ligne ferroviaire nouvelle Paris-Normandie qui doit permettre de réduire à terme les temps de parcours avec Paris à environ 45 minutes pour Rouen et 1h15 pour Le Havre et Caen.

Les socialistes s’étaient opposés à la création de ce commissariat en estimant que la vallée de la Seine n’avait pas besoin d’un tel organisme « pour exister » et avaient vivement critiqué le rapport Rufenacht. Alors président de la communauté d’agglomération de Rouen, Laurent Fabius avait jugé que les milliards évoqués n’étaient que « virtuels » tandis que le président de la région Ile-de-France Jean-Paul Huchon avait regretté le peu de prise en compte des collectivités locales.

Cette suppression n’empêchera pas les principaux élus de gauche et de droite de Caen, Rouen, Le Havre et Paris de se retrouver jeudi pour débattre de ce thème à Paris à l’invitation du maire PS de la capitale Bertrand Delanoë. Ils devront toutefois faire preuve d’imagination pour tenter de relancer une alliance qui pourrait être vite touchée par le désenchantement, en ces temps de disette budgétaire. Dans l’immédiat, la seule perspective serait un « contrat de plan interrégional autour de l’Espace Seine » entre l’Etat, l’Ile de France, la Basse-Normandie et la Haute-Normandie. « Il sera doté très bientôt d’une gouvernance opérationnelle et enfin démocratique », a récement indiqué Alain Le Vern, président (PS) de la région Haute-Normandie.

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