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La mode est au recyclage et les entreprises suivent le mouvement, respectant ainsi les prescriptions de l’Union Européenne qui donnent la priorité aux activités de recyclage, afin de préserver les ressources en énergies fossiles. Ainsi, l’usine Osilub, spécialisée dans le traitement des huiles usagées, s’est associée à Veolia Propreté, par le biais de la filiale Sarp Industries, et Total Lubrifiants, pour réaliser ce projet. L’usine de régénération d’huiles de moteurs usagées s’affiche comme l’une des plus modernes d’Europe. La France, déficitaire dans ce domaine, ne disposait jusqu’ici que d’une usine de recyclage d’huiles usagées (huiles de moteurs), Aurea, implantée à une vingtaine de kilomètres du site Osilub, sur la zone industrielle de Port-Jérôme, à Notre-Dame-de-Gravenchon, tandis que l’Allemagne compte déjà six unités de re-raffinage. Avec Osilub, Veolia part donc à la conquête des huiles de moteur usagées.
Pourquoi recycler les huiles usagées ?
Pour en finir avec l’incinération d’huiles usagées, le monde de l’industrie innove, proposant de nouvelles méthodes de recyclage. Tout comme on cherche à recycler les huiles végétales et les graisses animales (le projet ecoMotion prévoit l’implantation d’une usine de valorisation des graisses animales dans la zone industrielle du Havre), les industries veillent, dorénavant, à recycler les huiles de moteur usagées, afin de réduire la consommation en pétrole :
« Régénérer l’huile de moteur (issue du pétrole) limite l’impact sur la ressource, d’autant qu’une huile traitée par Osilub peut faire l’objet de plusieurs régénérations successives. C’est conforme aux directives européennes qui recommandent le recyclage des huiles plutôt que leur valorisation énergétique (combustion pour récupérer l’énergie dégagée) », indique l’entreprise.
Le site devrait donc régénérer l’huile jusqu’à obtenir les mêmes caractéristiques que celles de l’huile vierge. Osilub devrait ainsi pouvoir répondre aux besoins du marché français.
Les différentes étapes du recyclage
La matière première sera collectée principalement auprès des garagistes par Sarp Industries. Le processus de régénération pour lequel a opté Osilub vise à préserver au maximum les molécules d’huile : au cours d’étapes successives, les composants réutilisables sont séparés des éléments étrangers ou corrompus. « Ce procédé permet d’obtenir un rendement de 75% d’huile régénérée », indique Veolia ; c’est-à-dire qu’avec quatre litres d’huiles usagées, Osilub fabriquera trois litres d’huiles régénérées, pratiquement équivalentes en qualité aux huiles de base sorties des raffineries.
La majeure partie de la production subira ensuite un ultime traitement dans la raffinerie Total implantée à proximité d’Osilub, Total rachetant ces huiles pour fabriquer des lubrifiants utilisés dans l’industrie ou l’automobile. Le taux de recyclage (ou régénération) devrait atteindre environ 75%, contre en moyenne moins de 50% constatés avec les solutions techniques en activité actuellement, en France. La France pourra ainsi cesser d’exporter, comme elle le faisait jusqu’alors, ses huiles pour qu’elles soient recyclées dans d’autres sites étrangers : « Faute d’une capacité de régénération suffisante, la France exporte plus de 55% de ses huiles usagées.»
45 emplois prévus
Osilub, implantée à Gonfreville L’Orcher, dans la zone portuaire du Havre, jouit d’un emplacement stratégique : la localisation du site devrait favoriser les collectes, mais aussi permettre d’opter pour des transports alternatifs à partir des plateformes multimodales disponibles. Sur le terrain de l’emploi, l’usine Osilub devrait compter, en 2013, 45 employés pour permettre à l’usine de s’imposer sur le marché français et étranger, offrant ses services aux pays sous-équipés en usines de recyclage. L’usine de régénération des huiles de moteur usagées devrait donc rapidement s’imposer dans le paysage industriel français et européen.