Le développement de l’éducation artistique ne doit pas se faire au détriment de l’enseignement artistique

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Hier
matin en conseil des ministres, la ministre de la
culture et de la communication et le ministre de l'éducation nationale, ont présenté
leur projet relatif à l'éducation artistique et culturelle, qui doit s’inscrire
dans le projet de loi sur la refondation de l'école. L’objectif affiché du
Gouvernement est de vouloir conforter le parcours
d’éducation artistique et culturelle, de tous les jeunes, en développant les
partenariats entre tous les acteurs. Il est bien entendu que je partage cette
ambition.  

Mais
alors que je mes suis énormément investie sur ses sujets ces dernières années, je
tiens à dénoncer cet écran de fumée que constitue cette annonce pour une double
raison.

Premièrement,
elle n’est en aucun cas la traduction d’une vision globale et stratégique de
l’ambition que constitue la formation artistique à laquelle nos jeunes
concitoyens sont en droit d’avoir accès. Mes rapport (2008 et 2011) sur le
sujet, rappellent que cette formation repose à la fois sur l’éducation artistique (sensibilisation permanente aux arts et la
culture à l’école) mais également sur l’enseignement
artistique
(apprentissage d’une discipline artistique dispensée au sein d’écoles spécialisées que sont notamment les conservatoires)
dont la réforme de 2004 n’est toujours pas appliquée suite à l’attentisme, puis
au blocage, des régions socialistes. Ce n’est pas faute d’avoir fait des
propositions dans ma ppl visant à l’améliorer.

Deuxièmement,
cette annonce repose sur des choix financiers de la part de la ministre de la
culture et de la communication qui s’apparente à un « tour de passe-passe ».
En effet, l’annonce de la hausse des crédits à l’éducation artistique (33,2 millions
d’euros, soit une hausse de 8% par rapport à 2012) cache la baisse drastique
des crédits pour l’enseignement artistique (21 millions, soit un baisse de
25%).

Quand
on sait que les régions socialistes ont refusé ces dernières années la loi de
2004, estimant que l’enveloppe qui devait leur être transférée était
insuffisante, on mesure ici l’incohérence de la gauche au pouvoir, ou plutôt,
on mesure la volonté du Gouvernement d’enterrer cette réforme dont l’ambition
était pourtant d’ouvrir l’enseignement artistique au plus grand nombre,
notamment aux amateurs, et de répartir la charge sur les différents niveaux de
collectivités selon leur compétence.

Ce
sont ainsi les villes et les intercommunalités qui gèrent ces établissements,
dont pourtant la fréquentation est supracommunale, qui se voient ainsi
abandonnées. Elles subissent une double peine avec la baisse des crédits pour
la gestion des établissements et la baisse des dotations étatiques aux
collectivités territoriales (moins 750 millions d’euros).

Il
était temps que cette loi s’applique pour organiser le parcours de formation
artistique des élèves, depuis l’éducation artistique à l’école jusqu’à
l’enseignement amateur ou professionnalisant dans des établissements
spécialisés. Il était également important de donner à ces établissements les
moyens de leur constitution en pôles de ressources pour l’éducation nationale.

Il
est regrettable alors que la plupart des acteurs demandaient une mise en œuvre
rapide de la loi de décentralisation, assortie des crédits correspondants, que
le Gouvernement préfère annoncer une
grande réforme au rabais pour demain plutôt qu’agir de manière responsable dès aujourd’hui.   

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