Débat sur le pont Mathilde.

pm.jpgFin octobre, en plein trafic, un camion-citerne a pris feu sur le pont Mathilde, au coeur de la Ville.

 

Heureusement sans faire de victime, on n’ose imaginer le drame qu’il aurait pu générer, en d’autres circonstances. Pourtant, par ses conséquences, cet accident va perturber, pendant des mois, la circulation dans notre ville et notre agglomération.
 
 


 

Au vu des dernières informations données par le Maire, que l’on doit remercier ici d’ouvrir ce débat, la solidité du pont est sévèrement affectée, ce qui nous privera durablement d’un franchissement canalisant quelques 80.000 véhicules chaque jour. Toute la fragilité du réseau routier de l’agglomération nous apparaît aujourd’hui cruellement. En dehors même d’un accident toujours possible, les moindres travaux sur un des axes privilégiés perturbent également toute la circulation. Ce sont donc les conditions de vie des habitants qui se trouvent malheureusement affectées (dégradation de la qualité de l’air, augmentation du bruit), l’équilibre fragile du déplacement urbain qui se trouve mis à mal, avec des conséquences économiques, environnementales et sanitaires vraisemblablement graves si elles devaient perdurer.
 
 


 

On le sait, et le Maire de Rouen l’a confirmé, cette situation va durer, avec des conséquences que l’on constate déjà, sur une désaffection du centre ville et pour nos commerces, notre économie, qui paient déjà un lourd tribut avec la crise que nous traversons. Et quand l’économie va mal, c’est aussi l’emploi qui se trouve mis à mal.

 

Le plan de circulation mis par le Préfet de Région a pour objet de faire face à l’urgence de la situation, et on doit admettre que collectivement, par les mesures prises avec la Ville et l’Agglomération, la situation est bien gérée. Nous tenons d’ailleurs saluer ici le travail fait par nos agents et notre police municipale qui font un travail remarquable dans des conditions difficiles. Nous ajouterons même, un grand merci à l’équipe municipale précédente qi par le PPP a remis aux normes les feux tricolores et leur gestion par un PC opérationnel permettant d’organiser à distance la coordination et la fluidification du trafic.

 

Pour autant, des interrogations sur les suites financières pour la Ville nous inquiètent, quand par des échos venant du Conseil général, on entend dire que la Ville pourrait être mise en cause par l’assurance du transporteur pour avoir laissé stationner de façon illégale, les camions et caravanes des forains, qui en s’inflammant, ont provoqué un double foyer affaiblissant davantage la structure métallique du pont.

 

Mais on ne doit pas occulter la question de fond : comment éviter la circulation de transit des poids-lourd au coeur de la ville. Ni le pont Mathilde, ni le pont Flaubert, ni même le pont de Brotonne (lui même vieillissant et limité à la circulation) ne peuvent répondre à cette exigence.


Plusieurs mesures s’imposent:
 
 

 

– à brève échéance, et de façon pragmatique, nous devrons étudier l’impact des premières mesures prises, de façon régulière, et si besoin, adapter le plan de contournement de l’agglomération pour atténuer les conséquences de la fermeture du pont Mathilde. Le trafic de transit (qui traverse la ville sans s’y arrêter) doit être détourné des zones habitées. Dans les limites de la ville, il convient aussi de corriger certaines mesures récentes (sens interdits ineptes, feux tricolores sur-ajoutés, comme sur la route de neufchâtel..) qui peuvent aggraver la situation au lieu de la soulager. 
Même réfexion sur le marché mis sur le cours clémenceau et qui pose un certain nombre de problème en bloquant une artère vitale pour la circulation.

 

-nous devons engager rapidement, de façon durable et pérène des actions sur les déplacements doux, au sein de l’agglomération, comme le défendent également nos collègues EELV, en incitant nos concitoyens à laisser leurs véhicules au garage : par une offre en transport en commun conséquente et adaptée, des parkings relais, des tarifs attractifs, une politique vélo ambitieuse, un vrai réseau de pistes cyclables, des incitations à se déplacer autrement, comme cela se fait déjà dans d’autres villes françaises et européennes.  Nous saluons la mise en place d’une carte astuces avec 20 transports gratuits, comme la mise en place du site trafic de la ville. Pour autant, quand on est dans sa voiture, consulter un site internet et conduire…ça n’est pas des plus sûrs, et ça peut coûter des points sur son permis de conduire.

 

-Sans attendre, comme l’appellent de leurs vœux nos collègues du groupe EELV, la réalisation de tram-trains vers Barentin et Elbeuf doit elle aussi être remise à l’étude, comme la reprise de la liaison ferroviaire entre Evreux et Rouen afin de favoriser les déplacements domicile-travail de bon nombre de nos concitoyens.
 


 

-à l’heure où se profilent des manifestations majeures en 2013, des questions se posent dans ces conditions, sur l’accueil et la bonne tenue de manifestations comme l’Armada, Normandie Impressionniste, 24 heures, utiles pour l’attractivité de notre territoire ,et donc pour notre commerce, mais pour autant rendues difficiles au vu de la difficulté d’absorber des flux importants de visiteurs. Il convient donc d’organiser très largement en amont, voire de prendre des décisions difficiles, sauf à se voir contraint, comme le maire de NewYork, d’annuler in extrémis, une manifestation majeure pour sa ville.

 

-au delà de l’urgence, c’est le contournement Est de l’agglomération qu’il faut réactiver. Ce dossier est aujourd’hui au point mort malgré la présence de plusieurs personnalités locales au gouvernement, même si ces derniers jours le tracé reliant l’A13 à l’A28, datant de 2005 semble être remis en selle. Au delà de la violette de Rouen, l’obstacle financier qui sert souvent de prétexte à l’urgence de l’attente, peut être surmonté avec une formule de concession étalée sur 50 ans par exemple. Pour les habitants de l’agglomération, un tarif privilégié de péage pourrait être mis en place comme l’ont fait d’autres grandes villes françaises ou européennes.

 

A l’heure où s’est tenu à Paris un nouveau colloque sur l’avenir de l’axe Seine, le Grand-Paris ( où nous regrettons une fois encore que le Maire de Rouen n’ait pas été pas co-invitant, comme Maire de la Ville la plus peuplée de l’Agglomération mais hélas pas Président de l’Agglomération) ne saurait absorber l’essentiel des efforts en matière d’infrastructures de transport. Assurer la continuité autoroutière est notre priorité.

 

D’autres perspectives doivent également être étudiées, à l’Ouest de l’agglomération, n’en déplaise aux conservatismes locaux. On ne saurait abandonner le sort de 500 000 habitants et l’avenir économique d’une région.

 

 


L’urgence du contournement de Rouen est malheureusement aujourd’hui évidente, au risque d’aggraver la situation économique d’un bassin d’emploi durement touché par la crise et de continuer à menacer la santé des populations. C’est aujourd’hui une question d’intérêt public qui doit trouver rapidement une réponse.



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