Le Département de la Seine-Maritime se prépare à un exercice 2013 « difficile »

(fil-fax 24/11/12)

Les orientations budgétaires du Département de la Seine-Maritime examinées vendredi par le conseil général, annoncent un « exercice difficile » pour la collectivité en 2013. Premier budget qui suivra l’alternance de mai et juin 2012, il sera examiné à la loupe par une opposition de droite prompte à rappeler ce qu’exigeait la gauche du précédent gouvernement. De leur côté, les élus communistes craignent que l’exécutif socialiste accepte l’austérité.

« Voilà la réalité. Voilà les faits, voilà ce qui déséquilibre notre budget et voilà ce qui s’aggrave au même rythme que la crise s’enracine dans notre pays », a lancé Didier Marie, président (PS) du conseil général en défendant ses orientations. La « réalité » et les « faits », ce sont les augmentations des dépenses sociales qui représentent 65% des dépenses de fonctionnement en Seine-Maritime avec un rythme d’augmentation de 5% par an depuis 2004. Ce sont aussi des recettes qui n’ont pas suivi la même courbe, la crise économique aggravant les effets de la réforme fiscale de 2010.

« La traduction budgétaire de cette situation nous conduit à ajuster nos recettes et nos dépenses d’environ 30 M€ », avertit le rapport d’orientations présenté par le rapporteur général du budget, Michel Fouquet (DVG). Ces 30 M€ doivent être rapprochés d’un budget de fonctionnement qui devrait avoisiner les 1.286 M€dont 740 M€ pour les solidarités (APA, RSA, Prestations handicap, Aide à l’enfance). La moitié sera trouvée dans une « poursuite d’économies de frais de structure » pour atteindre 0% de progression, avec un objectif de -10% sur des frais de communication, événementiel et moyens généraux. La masse salariale ne progressera que de 1%. L’augmentation des dépenses de solidarité sera « contenue » à 1%. Les modalités d’intervention seront passées au crible et le niveau d’investissement limité « avec un objectif à terme de 100 M€ ».

L’opposition de droite Alternance-76 ne voit dans ces propositions que  « reniement » et « tromperie », de la part de l’exécutif du département. « Jamais vous ne remettez en cause votre gestion depuis 2004 », a redit le président du groupe, Pascal Martin.

Pour les communistes, Claude Colin puis Sébastien Jumel ont fustigé « l’acceptation, voire le fatalisme ». « Force est de constater que le travail de sape du grand patronat, relayé complaisamment par les grands médias, n’est pas sans marquer des points » a regretté Claude Colin. Les communistes contestent le “plan de consolidation“ adopté en 2011 par la majorité socialiste du conseil général, en réalité, « un plan de rigueur dont on commence à mesurer l’impact négatif sur la population ». Sébastien Jumel demande « une réaction à la hauteur pour sauver les départements »  dont l’existence hors ses compétences obligatoires, serait menacée.

Le socialiste Nicolas Rouly a défendu le choix budgétaire imposé par « le piège qui se referme » des mesures de l’ancien gouvernement. Pour Didier Marie, il y aura donc « un effort de gestion important, un appel contraint à la fiscalité et la réaffirmation d’une ambition : être à la hauteur des attentes de nos concitoyens ». Il promet cependant un budget 2013 « anticrise » et de « transition », car en 2014, les réformes de financement des collectivités seront effectives.

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