Fête de l’Humanité à Rouen : Les communistes fustigent une politique « pas à la hauteur des attentes »

(fil-fax 27/11/12)

L’impatience des milliers de militants et des sympathisants du PCF réunis pour la 9ème Fête de l’Humanité en Normandie était palpable ce week-end au Parc des expositions de Rouen. Tous les orateurs ont rappelé leurs souhaits de voir appliquer au plus vite en France et dans la région une « vraie politique de gauche », à l’image de Thierry Le Paon, le successeur désigné de Bernard Thibaud, à la tête de la CGT, un ancien de l’usine Moulinex de Caen. « Depuis le changement au printemps dernier, il y a une tournure prise par la politique gouvernementale qui n’est pas à la hauteur des attentes dans le pays », a résumé pour sa part dimanche le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent.

Au fil des stands, les jeunes communistes de la CREA plaidaient pour la gratuité des transports publics sur l’agglomération rouennaise à l’appui d’une pétition de 8.000 signatures. La Pastorale des migrants qui organise tous les mois à Rouen des “cercles du silence“ (*) pour la défense des “sans-papiers“ insistait sur la fermeture des “camps de rétention“ dont celui de Oissel. Les communistes de Saint-Etienne du Rouvray faisaient savoir qu’ils organisent le 5 décembre sur le marché de la commune une quête provocatrice intitulée “donner de l’argent à votre patron“ pour épingler de manière ironique le rapport Gallois. « Il s’agit d’aider le patronat et d’amplifier le mouvement puisque le gouvernement s’apprête à lui lâcher 20 milliards », disaient-ils. Autour des salariés de Petroplus, Pierre Laurent insistait sur la responsabilité d’un gouvernement qui se cantonne trop souvent à ses yeux dans le rôle d’un « actionnaire dormant et passif », comme chez Renault. « Petroplus est emblématique de la plupart des dossiers industriels dans le pays en ce moment. Les besoins existent, les hommes pour produire existent, les moyens de production existent mais les actionnaires ne sont pas au rendez-vous » affirmait-il. A ses yeux, les actionnaires sont « uniquement préoccupés de rendements financiers » et en leur absence « il faut que l’Etat s’en mêle, il faut qu’il joue un rôle de pilote, de stratège ». sans attendre des repreneurs « comme on attendrait le messie ».

Plus loin, des enseignants et des parents s’interrogeaient sur la “refondation“ de l’école. « Il y a de fortes attentes et un certain nombre de choses qui n’avancent pas comme nous le souhaitons : le transfert de responsabilités de l’Etat vers la Région ou vers les collectivités locales sur la question d’orientation et de rythmes scolaires » relevait Hélène Klein, adjointe communiste à Rouen en charge notamment de la Lutte contre les discriminations. L’élue regrettait une rupture dans les intentions mais « pas forcément » dans les pratiques. Ainsi du soutien scolaire : « Avec un crédit d’impôt accordé aux familles pour les sociétés privées qui vendent du soutien scolaire, on a fait entrer le marchand dans l’école publique. Il faut s’inquiéter des inégalités que cela peut créer dans les familles et sur les territoires », dénonçait-t-elle.

(*) Le 7 décembre et 4 janvier, place des Cotonniers Rouen.

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