(fil-fax 28/11/12)
La Libyan Investment Authority (LIA) a démenti lundi soir toute intention d’investir dans la raffinerie Petroplus de Petit-Couronne. « Les informations rapportées à ce propos ne sont pas justes et les médias n’ont pas pris la peine de les vérifier », a affirmé ce fonds souverain dans un communiqué. Ce démenti intervient à peine trois semaines après le dépôt par la LIA d’une lettre d’intention auprès du tribunal de commerce de Rouen, via le ministère du Redressement productif. Entre temps, de nombreuses critiques se sont fait jour en Libye contre la perspective du rachat d’une entreprise en faillite. Ce qui pourrait expliquer ce revirement.
La nouvelle n’a pas vraiment surpris les syndicalistes de la raffinerie: « Toutes les infos qui nous remontaient de Libye nous indiquaient que cela ne bougeait pas beaucoup là-bas », a précisé Yvon Scornet, porte parole de l’intersyndicale CGT-CFDT-CFE/CGC. Ce syndicaliste a appelé le gouvernement « à prendre ses responsabilités » et à s’engager avec les autres candidats comme il comptait le faire avec les Libyens, notamment en faisant intervenir le Fonds stratégique d’investissements (FSI) de manière à trouver une solution « dès le début décembre ». Les syndicalistes qui ont rencontré longuement Laurent Fabius vendredi déclineront cet argumentaire à Matignon où une importante réunion doit se tenir ce mardi soir.
La raffinerie se rapproche en effet à nouveau de la zone dangereuse. La date de dépôt des offres a certes été repoussée au 5 février – à la demande notamment de la LIA – mais le maintien de cette échéance est conditionné à la poursuite de l’activité. Or, Shell qui fait travailler l’usine depuis juin avec son contrat de façonnage ne s’est pas engagé, pour le moment, au-delà du 15 décembre. C’est pourquoi la prochaine audience du tribunal, prévue le 4 décembre, pour décider de la poursuite de l’activité, est importante. Les syndicalistes poussent pour qu’elle permette aussi une cession, sans attendre le 5 février, à NetOil dont le dossier est le plus complet et qui a toujours leur faveur. A défaut, ils demandent le retour de Shell, l’ancien propriétaire, ou la nationalisation pure et simple de l’entreprise.