Dr Jean Doucet et Dr Alain Probst. (Dvelec)
« Les antibiotiques utilisés à tort deviendront moins forts ». C’est le nouveau slogan de la campagne d’information et de sensibilisation lancée par l’ARS (L’Agence régionale de santé).
Lors d’une conférence dans les locaux de la CPAM de Rouen, situés avenue de Bretagne sur la rive gauche, les intervenants spécialistes du milieu médical sont revenus sur les raisons de cette nouvelle mobilisation. Jean-Luc Nicollet, directeur de la CPAM, a présenté les futurs actions de la Seine-Maritime accompagné du professeur François Caron, chef du service d’infectiologie du CHRU Charles-Nicolle, de Jean Doucet, président de l’Observatoire du médicament et de l’innovation thérapeutique de Haute-Normandie, du Dr Alain Probst, médecin généraliste et du Dr Jérôme Schmidt, pharmacien inspecteur régional.
Les bactéries résistent mieux aux antibiotiques
L’augmentation de la résistance des bactéries aux antibiotiques est aujourd’hui une réalité et la France figure parmi les plus mauvais élèves européens. Cette dernière fait partie des pays où la consommation d’antibiotiques est la plus importante, et les résistances bactériennes y sont la plupart du temps plus élevées que dans les pays du Nord comme le Danemark ou la Suède, qui consomment trois fois moins d’antibiotiques que dans l’hexagone. Selon les régions françaises, la consommation d’antibiotiques varie. La Haute-Normandie se situe au-dessus de la moyenne nationale.
Derrière ce constat se profile une menace de santé publique majeure selon les experts présents mardi. L’usage inapproprié des antibiotiques pour soigner des infections sur lesquelles ils sont inutiles, généralement les infections virales, a conduit au développement de résistances bactériennes. Les bactéries s’habituent aux antibiotiques et leur résistance augmente.
Avec cette nouvelle campagne, il n’est bien évidemment pas question de priver un patient d’un traitement antibiotique, dès lors que ce traitement est utile pour sa santé. L’enjeu de cette (re)sensibilisation, car tout le monde se rappelle du fameux slogan « les antibiotiques, c’est pas automatique », est de savoir recourir aux antibiotiques de façon adaptée, en choisissant le bon produit, la bonne dose, pour la durée pertinente et sous la forme adéquate avec une réévaluation de la prescription si besoin.
Quelles mesures sont mises en place ?
Pour sensibiliser tous les acteurs, mais surtout ceux de la santé, l’ARS va à la rencontre des médecins généralistes et spécialistes. Des rencontres territoriales d’échanges autour des bonnes pratiques vont avoir lieu. La CPAM va également visiter les services hospitaliers et les services d’urgences qui administrent des antibiotiques suivant les pathologies des patients.
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En 2011, près de 3 millions de boîtes d’antibiotiques ont été délivrées par les professionnels de santé à la population normande ce qui correspond à une délivrance de près de deux boites par personne et par an. La Haute-Normandie est dans le rouge avec une moyenne de 52 prescriptions pour 100 patients, au-dessus de la moyenne nationale de 46 prescriptions pour 100 patients.