Debout, tous ensemble pour une cession.
Dans la lutte des « Pétroplus », ces salariés de la raffinerie de Petit-Couronne qui, depuis presqu’un an, font des pieds et des mains pour sauvegarder leur outil de travail et obtenir la cession de leur entreprise à un repreneur, il est des moments qui resteront à jamais gravés dans leur mémoire et celle de leurs descendants. Leur présence à la fête de l’Humanité Normandie ce week-end fait partie de ceux-là. Revêtus de leur traditionnelle chemisette « manches courtes » quel que soit la température ambiante, Yvon Scornett, Jean-Luc Brouté, Nicolas Vincent, les incontournables représentants de l’intersyndicale ont, encore une fois, fait face. Au public tout d’abord. Car la raison première de leur présence résidait dans la présentation du livre « Debout », écrit par l’un des leurs, l’écrivain raffineur Dominique Sentis. « C’est le condensé de notre quotidien, de nos angoisses, nos doutes, nos espoirs… » confiait Yvon Scornett. Dominique Sentis a d’ailleurs été largement mis a contribution, ne s’accordant que peu de pause entre chaque dédicace de son ouvrage que beaucoup de visiteurs voulaient « être les premiers à lire ». « Je n’ai pas la possibilité de vivre ce combat au plus près » témoignait Laurent, un quinquagénaire venu de l’Eure, « mais d’après les échos qui en sont donnés par la presse, cette lutte fera date. En achetant le livre, je vais me glisser dans le ressenti des ouvriers ». Même son de cloches chez d’autres visiteurs. Evelyne Pagès, épouse du regretté sénateur Robert Pagès confiait d’ailleurs que « si mon mari était encore de ce monde, il serait fier de cette lutte qui se déroule dans la décence et l’ambition de faire avancer les choses en dehors de la simple préservation de l’emploi ». Sur le stand où nombreux venaient également découvrir l’exposition photo des « 550 » réalisée par les photographes Bruno Maurey et Martin Flaux, une figure de la vie politique locale y est allée de ses éloges. Colette Privat, qui fut maire de Maromme de 1977 à 2001 et conseillère générale jusqu’en 2004 n’a pas tari d’éloges sur le combat des « Pétroplus ». « C’est un bel exemple de lutte ouvrière, sans défaillance, avec des syndicats qui ont toujours été force de proposition prouvant, pendant un an qu’une usine pouvait fonctionner sans patron. C’est émouvant et cela me rappelle le combat des salariés des chantiers navals du Trait, en d’autres temps… ». Sur l’Agora, devant une foule massive, Yvon Scornett et ses camarades repasseront, par le menu, leur épopée, non sans être auparavant, montés sur la grande scène pour se joindre à d’autres revendications. « Le but de tout ce battage, conclura t-il, c’est pour que, dès le 4 décembre au tribunal de commerce, retentisse le mot cession! ».