Bernard Pivot a présenté son dernier livre. (Photo Catherine Dente)
Comme il le dit lui-même, et il sait de quoi il parle : « Un journaliste pose toujours des questions. Et, fatalement, dans votre vie privée, il en reste toujours quelque chose ».
Bernard Pivot était présent à l’Armitière, à Rouen, samedi 1er novembre, après-midi, afin de présenter, avec son humour habituel, son nouveau livre : Oui, mais quelle est la question ? Et d’ajouter : « Si vous ne vous gendarmez pas, vous tombez dans une sorte d’addiction à poser des questions. C’est ce qui arrive à mon personnage. Ça aurait pu être moi si je m’étais laissé allé à ce penchant un peu pervers ». Mais l’important dans les questions consiste avant tout à s’intéresser aux autres.
Bernard Pivot sourit : « Aux journalistes qui me posent des questions, il arrive parfois que ce soit moi qui leur en pose ». Il admet aussi que poser des questions, c’est un pouvoir qui peut devenir extraordinaire et une responsabilité. « Je considère que les réponses sont plus importantes que les questions ».
Le vrai du faux
« Dans ce livre, il y a du vrai et des choses inventées. Quand je l’ai relu un mois après l’avoir écrit, je me suis dit que des choses inventées avaient l’air plus vraies que les choses que j’avais vécues. C’est assez troublant et excitant de mélanger le faux et le vrai ».
L’auteur se laisse même aller à sa vision du paradis et de l’enfer, encore non validée par le Vatican. « Au paradis on répondra à toutes vos questions. À l’enfer, aucune. C’est intolérable, c’est un véritable supplice que de ne pas avoir de réponses ».
Le but de la question est-il de percer le mystère de la vie ? « La curiosité c’est ce qui permet de s’éduquer. La question c’est la vie, poser des questions c’est vivre. Je ne comprends pas les parents qui disent à leurs enfants qu’ils posent trop de questions. Il faut même encourager les enfants à poser des questions. À la fin de la vie, on vieilli si on ne pose plus de questions à son entourage. Ne pas vieillir c’est continuer à poser des questions ».
En fin connaisseur de la langue française, il assure que le point d’interrogation est le signe le plus important, « car il appelle une suite. Il est synonyme de la vie qui continue ».
- Infos pratiques :
Bernard Pivot, Oui, mais quelle est la question ? Nil éditions. Tarif : 19 euros.