(fil-fax 06/12/12)
La région Haute-Normandie va anticiper la mise en œuvre opérationnelle de la Banque publique d’investissement (BPI) créée par la loi en vue de financer le développement des PMI et entreprises intermédiaires (ETI), a indiqué Alain Le Vern, président du conseil régional, mercredi lors d’une rencontre avec la presse. Alors que la collectivité doit se prononcer lundi 10 décembre sur un budget primitif 2013 qui ne recèle pas de grandes nouveautés (lire ci-contre), M. Le Vern ne veut pas perdre de temps, considérant que la BPI est un des meilleurs vecteurs du nouvel acte de décentralisation en préparation. « C’est un outil essentiel », avance le patron d’une région qui, assure-t-il, « a la connaissance des PME, les compétences, mais pas l’outil financier pour les aider ». Il entend « aller plus loin tout de suite », en proposant aux partenaires habituels de la Région, – les agglomérations, les départements, les CCI…- la mise en place « d’une plate-forme unique d’accueil » pour les entreprises. Elle sera animée par un comité stratégique composé par les partenaires où seront définies les orientations, déterminées les actions.
Le président du conseil régional veut « cultiver un réseau » en lieu et place de multiples organismes qui font la même chose. Ne rentreront sur cette plate-forme que « ceux qui y seront utiles ». Mais, a ajouté le président de Région, « je ne vais contraindre personne à y entrer ». La future “plate-forme“ permettra à une entreprise qui la sollicitera d’obtenir une réponse à une demande de financement dans les deux mois. Outre la connaissance du terrain où opèrent les PME et ETI, elle aura à sa disposition tous les outils pour juger de la viabilité des projets.
La Banque publique d’investissement est l’illustration de la décentralisation rêvée par M. Le Vern. Si les oreilles des “départementalistes“ ont sifflé, y compris parmi certains de ses amis politiques des conseils généraux, c’est lorsqu’il soutient qu’il faut que « cesse la pratique de la prétendue proximité dont on croit qu’elle est vertueuse ». Il faut en revanche « en finir avec les doublons, les quadruplons ». Et pour enfoncer le clou, il demande que « l’ensemble des collectivités prenne conscience de cette réalité » qui fait que « l’on consacre l’argent public à autre chose que le service public. L’heure est venue de l’efficacité budgétaire et des économies », a déclaré M. Le Vern devant les journalistes.
Un budget 2013 en léger recul
« Nous présentons, cette année encore, un budget maîtrisé et responsable », a annoncé en conférence de presse, Alain Le Vern. L’exercice 2013 qui sera soumis au vote de l’assemblée régionale lundi 10 décembre sera d’un montant de 835 M€ en léger recul (-0,4%) par rapport à celui de 2012. Les dépenses de fonctionnement sont en hausse de 0,29% à 506 M€ alors que les investissements s’annoncent en recul de 9,8% à 336,8 M€. L’encours de la dette régionale devrait s’élever à 238,9 M€ au 1er janvier 2013 avec une capacité de désendettement qui est inférieure à une année : 10 mois. M. Le Vern ne rate pas une occasion de souligner cette performance qui permet à la région d’intervenir en soutien à ces opérations de l’Etat ou d’autres collectivités. Ce pourrait être le cas pour la réparation du pont Mathilde à Rouen, propriété du département de la Seine-Maritime. « Il faut aller au plus vite même si ça coûte plus cher », a demandé le président de région, afin de limiter l’impact socio-économique de la fermeture.