Conseil général de la Seine-Maritime : Didier Marie assure que le budget 2013 « préserve l’essentiel »

(fil-fax 19/12/12)

Le conseil général de la Seine-Maritime a adopté mardi le budget primitif 2013 du département, voté par les groupes socialistes et divers gauche (Démocratie et Liberté), les élus PCF ayant choisi de s’abstenir. L’opposition de droite, Alternance-76, a voté contre.

La position du groupe communiste n’était pas une surprise. Elle s’inscrit dans « une posture d’alarme », selon l’expression de Sébastien Jumel, vice-président du conseil général, maire de Dieppe. La charge est vive contre les choix du gouvernement de François Hollande à l’égard des collectivités et singulièrement des départements auxquels l’Etat est redevable d’une dette évaluée à 820 M€ pour la seule Seine-Maritime.

« En 2011, sous prétexte de difficulté, on a mis en place un plan de consolidation que nous n’avions pas voté, rappelle Jean-Louis Jegaden, président du groupe communiste. En 2012, nous avions voté le budget dans la perspective de la mise en place d’un collectif budgétaire avec des moyens nouveaux, dès qu’il y aurait un changement de gouvernement ».

Cette fois le 2013 s’inscrit « dans une rigueur encore plus forte. On ne peut pas voter un tel budget », assène Jean-Louis Jegaden. La sanction tombe : « S’abstenir, c’est un geste politique fort. On se positionne d’une façon offensive… ».

Alors que des groupes de salariés de la Prévention spécialisée battaient le pavé aux grilles de l’Hôtel du département (lire par ailleurs), la majorité de gauche issue des élections de 2004 et reconduites depuis, a donc vécu son premier gros accroc. Le président socialiste du conseil général, Didier Marie, n’a pas esquivé la question du redéploiement des différents budgets qui va se traduire par la suppression d’interventions du département. « La “machine France“ connaît une panne économique sociale majeure, et ce n’est pas en six mois d’une alternance que nous avons souhaité que nous pouvons la faire redémarrer », répond M. Marie à l’adresse de ses détracteurs. L’exercice 2013 sera donc un « budget de transition puisque le gouvernement s’est engagé à débloquer, pour 2014, les ressources pérennes pour le financement des dispositifs de solidarité ».

L’exécutif départemental promet donc de « préserver l’essentiel : notre capacité à faire des choix ». Et au final le budget des solidarités demeurent « le premier poste » avec 764,5 M€, soit 60% des dépenses de fonctionnement. Et près de la moitié des investissements (43%) sera réservée à l’équipement des communes.

 

Si le groupe communiste a déploré qu’il n’y ait pas eu d’injonction adressée à l’Etat « pour qu’il règle sa dette » , l’opposition de droite a carrément dénoncé « une imposture socialiste au niveau national comme départemental ». Pour Gilbert Renard (UMP), « l’indignation à géométrie variable de la gauche prêterait à sourire si elle n’avait pas permis de justifier les pires dérives budgétaires au niveau local ». L’opposition voit dans ce budget 2013 « un début de reprise en main beaucoup trop tardif. Aujourd’hui le mal est fait », constate Gilbert Renard en dénonçant en outre « une augmentation d’impôt intolérable ». Il s’agit d’un relèvement de la taxe foncière sur les propriétés bâties (de 22,54% à 25,36%), la dernière recette sur laquelle la collectivité a encore prise depuis la réforme de 2010, initiée par le gouvernement de Nicolas Sarkozy.

Etienne Banzet

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