L’approche de l’autre.
Depuis trois ans, l’Etablissement pour enfants et adolescents polyhandicapés (EEAP) Tony Larue de Grand-Quevilly a entamé un partenariat avec une classe de 6e du collège Fernand Léger du Petit-Quevilly dirigée par Guy Laburthe, professeur de français. Celui-ci, à l’origine de cette collaboration, travaillait déjà avec le Théâtre de La Foudre et souhaitait y adjoindre la bibliothèque François Truffaut. Un projet de lecture par les élèves à des plus petits a retenu l’attention de l’équipe de l’EEAP. « Tout s’est ensuite mis en place » se souvient Fabienne Nedelec, chef du service éducation dans l’établissement spécialisé. « Des jeunes polyhandicapés seraient donc accueillis lors de certaines représentations. Mais, dès lors, plusieurs interrogations se sont fait jour : comment les élèves allaient-ils réagir face à ces jeunes ? comment allait réagir le jeune public ? comment nous, adultes allions gérer cette nouvelle donne ? Nous avons donc travaillé en amont afin de préparer les futurs petits acteurs à cet évènement ». « Et chaque intervenant y a mis du sien », enchaîne Guy Laburthe, la classe a été divisée en 5 groupes, chacun choisissant un album ou une chanson encadré en cela par un adulte, personnel de bibliothèque, professeur, documentaliste. 2 répétitions ont lieu au collège, 2 autres à la bibliothèque. Les enfants polyhandicapés assistent à la 2e et 3e représentation ». Pour préparer les collégiens à cette venue, du personnel de l’EEAP s’est déplacé dernièrement au collège afin d’expliquer ce qu’est le polyhandicap, pour présenter les enfants qui vont assister au spectacle et répondre aux questions des collégiens. Stéphanie Heuvé, de la bibliothèque, Evelyne de Tournay, psychologue à l’EEAP et Chantal Sénécal, éducatrice spécialisée sont donc venues avec des livres et ont fait un tour d’horizon du polyhandicap. Le jour du spectacle, dont la prochaine représentation est prévue le mercredi 13 février, les groupes passeront les uns après les autres devant le jeune public. A la fin de la prestation, les collégiens iront à la rencontre des enfants qu’ils auront découverts en amont, ils les salueront et leur parleront. « Nous parlons ici de jeunes atteints de déficiences moteur, comportementales, cognitives et même mentales sévères… » insiste Fabienne Nédélec. Après ce spectacle, nous aurons un temps d’échange avec les collégiens. Il nous faudra analyser ce qu’ils ont pu ressentir, les guider car on ne ressort pas indemne d’une telle expérience ».