Déjà, la semaine passée, les salariés de Renault Sandouville avaient participé à une opération "péage gratuit" sur le Pont de Normandie
Alors que les premières négociations sur l’accord de compétitivité entre Renault et ses syndicats s’organisaient à Paris, un nouveau débrayage s’est organisé à Sandouville, mardi 29 janvier. 200 salariés de l’entreprise rejoignaient le mouvement au cours duquel Nicolas Guermonprez, le leader de la CGT, a clairement exprimé ses craintes et inquiétudes sur le devenir de Sandouville.
« Si 1 000 salariés partent, on passera un seuil qui rendra la situation de plus en plus dangereuse pour les gars qui resteront en poste. Sandouville pourrait très vite ne plus être viable », rappelait-il alors que Renault annonçait vouloir supprimer 7 500 emplois à l’horizon 2016. L’impact selon le syndicat serait de plus de 1 000 suppressions d’emplois à Sandouville.
« Mais le message est clair : nous ne nous laisserons pas faire. Cette usine, c’est la nôtre, avant d’être celle des actionnaires. Alors nous allons nous organiser et nous battre.»
De prochaines opérations coup de poing !
Pour le syndicat, cette bataille trouve une double justification jugeant inacceptable les mesures annoncées par le groupe comme l’annonce du gel des salaires pour l’année 2013 et des déplacements obligatoires inter-sites pour les salariés.
« Il nous est dit qu’une commission d’étude sera mise en place pour faire l’analyse de l’impact de ces déplacements sur le salarié et sa vie de famille. On nous prend vraiment pour des échantillons de tests de laboratoire, grogne le représentant syndical qui se dit écœuré par la politique de Renault. Elle fait porter tous les efforts aux salariés, en les maintenant dans la peur et le mensonge, alors que les actionnaires du groupe, eux, sont toujours plein de pognon. »
La pression montée d’un cran sur le site de Sandouville, les syndicats CGT et FO annoncent l’organisation de futures opérations coup de poings.
« Elles seront annoncées au tout dernier moment pour ne pas gâcher l’effet de surprise. »
La CGT de Renault Sandouville reçue par Cécile Duflot
Joignant l’acte à la parole, au lendemain de ce débrayage, mercredi 30 janvier, les syndicats perturbaient l’organisation du comité d’entreprise de la direction par une distribution de tracts appelant à la mobilisation.
« 106 salariés ont répondu à notre appel, prêts à demander des réponses concrètes à la direction sur l’avenir de notre site. La direction a préféré suspendre la séance. Notre satisfaction est de voir que de jour en jour, un nombre de plus en plus important de salariés répond à nos appels, ce qui est le signe d’une grande inquiétude. »
La veille au soir, la CGT de Renault Sandouville avait présenté à Paris aux élus d’Europe Ecologie, son projet d’avenir, le projet industriel de déconstruction et de revalorisation des véhicules Renault que le syndicat a imaginé pour assurer la pérennité de son site. « Puisque Renault nous laisse sans travail et ne propose pas d’alternatives, nous, nous faisons le choix de tout mettre en oeuvre pour nous offrir un avenir ».
Reçu notamment par Cécile Duflot, ministre du Logement, le syndicat a, selon les dires de Nicolas Guermonprez, « vendu l’attrait d’une région géographiquement idéale pour le développement d’un tel projet. » Cette rencontre aura été comme une respiration à l’intérieur d’un agenda chargé de mouvements de contestation. Des mouvements qui vont très vite se reproduire.