J’ai assisté à la conférence ("40 ans de crise…
où est la sortie ?") de Valéry Giscard d’Estaing, jeudi 7
février aux Docks Océane dans le cadre des journées du Nouvel Obs.
En quelques minutes, cet homme de 87
ans a tenu sous son charme toute l’assistance : une bouffée d’oxygène
dans notre société qui a tellement tendance à rejetter
l’image de la vieillesse, à la considérer comme une dérive,
et à juger que seule la chirurgie esthétique permet de se maintenir
jeune. D’autres cultures ( africaines ou amérindiennes) savent pourtant
voir dans l’accumululation des ans et de l’expérience, le commencement
de la vraie sagesse…
C’est un "numéro de vieux sage" que Giscard a réalisé
jeudi soir. Avec une grande simplicité et beaucoup de bons sens, il a
rappelé des évidences qui, exprimées par cet homme d’Etat,
résonnent fortement.
Pour lui, depuis les années 70, les Français ont construit une
société tournée autour du loisir au détriment de
l’activité. Les hommes et les femmes politiques qui ont proposé
aux Français ce choix de société ont omis de préciser
que cela s’accompagnerait d’une baisse de niveau de vie.
Pendant que la France
valorise le loisir au détriment du travail, les échanges dans
le monde se sont mutipliés de manière exponentielle sous l’effet
des nouvelles technologies et à la suite de l’effondrement du communisme,
contraignant les vieux pays développés comme la France à
une remise en question de leur modèle.
Or, ce modèle français est actuellement paralysé par le poids des prélévements
obligatoires et l’explosion des dépenses publiques.
Pour revenir vers
une société de la créativité économique,
la France doit se concentrer sur deux réformes dans le domaine de l’éducation
et de la fiscalité .
Pour Valéry Giscard d’Estaing, seule une
union nationale serait en mesure de réaliser ces deux grandes réformes,
rejoignant ainsi l’avis exprimé au Havre par Alexandre ADLER et développé
en 2007 par François BAYROU lors de sa campagne électorale.
Par sa monnaie commune, l‘Europe a permis de protéger la France de dévaluations
et d’un coût encore plus élevé de ses importations. Mais l’intégration européenne s’est enlisée, à l’avantage
des tenants d’une simple zone européenne de libre échange.
Résolument optimiste, Giscard fait confiance au peuple français
dont les origines germaniques (les Francs) et latines lui donnent cette créativité,
cet esprit entreprenarial nécessaire au redressement.
Giscard voit également
dans la démographie et la nouvelle génération "plus
aventureuse, plus entreprenante, qui n’hésite pas à partir découvrir
le grand large", l’énergie nécessaire à l’adaptation
de notre vieux pays comptant de nombreux jeunes..