Pour retrouver mon intervention, je vous invite à cliquer sur l’image ci-contre.
Samedi 16 février à Montreuil, le Mouvement des Jeunes Socialistes a organisé une Convention nationale réunissant plus de trois cents délégués. Le thème : « contre l’extrême droite : décrypter, mobiliser, combattre ». Les jeunes socialistes ont raison de faire de cet enjeu citoyen une priorité : au premier tour de la présidentielle de 20012, le Front national a recueilli 6,4 millions d’électeurs, soit 17,9% des suffrages exprimés (avec des scores supérieurs à 20% dans quarante-trois départements). Sa candidate a obtenu 18% des suffrages des jeunes de 18-24 ans, 25% du vote des artisans, commerçants et chefs d’entreprise, ainsi que 29% du vote des ouvriers.
Dans ce contexte, comment combattre efficacement le FN et ses mots d’ordre ?
En affirmant l’indispensable digue républicaine face à une formation qui dénonce les valeurs de la République – la « préférence nationale » est une notion qui ethnicise la société, à rebours de notre pacte social hérité des Lumières.
En mettant la droite face à ses responsabilités démocratiques, à son histoire, à son projet, après un quinquennat sarkozyste où elle a trop souvent prononcé les mots de l’extrême droite – le pseudo-débat sur l’identité nationale ou la dénonciation des corps intermédiaires l’ont hélas prouvé, tout comme récemment les amendements communs entre députés UMP et FN lors du débat sur le mariage pour tous à l’Assemblée nationale.
Mais c’est surtout par l’argumentation que se combattent les populismes et les extrémismes. Montrer que les soi-disantes solutions de l’extrême droite, loin d’améliorer la vie quotidienne des classes
moyennes et des catégories populaires, ne feraient que les aggraver. C’est thème par thème, argument contre slogan, qu’il faut mener la bataille démocratique. C’est ce que disent les Jeunes socialistes dans leur résolution finale : « Nous montrerons ses dérives, dévoilerons son programme, décrirons son vrai visage ».
C’était le parti pris, respectueux des citoyens, soucieux d’une gauche qui n’oublie jamais le 21 avril 2002 et ce qui l’avait rendu possible, que nous avions pris, avec Najat Vallaud-Belkacem, lorsque nous avions écrit en 2011 un ouvrage intitulé « Réagissez ! Répondre au FN de A à Z » (éditions Jean-Claude Gawsewitch). C’est dans cet esprit que le MJS et leur président Thierry Marchal-Beck m’ont proposé de conclure leurs travaux. J’ai été heureux de participer à ce temps fort militant et vigilant. Bravo aux Jeunes socialistes pour leur engagement !
